Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOI HE SOCI..\LISTE • Non, non, il 11'en,cra pas ainsi. s; l'Angleterre doit ètrP l'amie, l'alliér àe la Fl'ance, il fout qu'elle soit république oomroe elle. Il n'est pas de nation en Europe à qui, pnr ses mœurs et sa posiLion, :e régime démocratique soit plus I ropre. Elle sera donc une république. Après di,-huit siècles ùïnjustice et de tyrannie, on verra donc deu" peuples ,oi:;in,, que la délestai.lie politique des cours a,ait longtemps rendu, ennemis, 1·éuni:; à la fin pour faire L,·iompher sur Lout le globe la cause de lïwmanilé, de la liberté. Fr,u,çai:;! quel e,emple von,; avez donné! Il est donc uai que l'arrèl de mort ùe tous les tyrans est dans l'acte qui vous constitue répujilicain,. " Quelle épaisseur de sotlise et de fanlaronuade ! Quelle ignorance drs mœurs et du dé,·eloppement des autres peuples! Songez (lue cela est écril en décembre 1î02, qu'à ce moment la Pran,·e est enga~i•e en Belgique, en Allemagne, en llalie; que, malgré ses victoires, elle se heurte partout à des difficullés el à des défiances. Songez qu'il y a un inlérèt de premier ordre pour elle, et pour la Révolution Elle-mth,e, à ne pas épuiser dans une lutte sans fin ses ressources, son créilil el sa liberté même. Songez q11ela neutralité bienveillante ou l'alliance de l'Angleterre permettrait à la Révolulivo de di,soudrn vite ces coalitions qui la menacent, de retrouver la paix, el, a, cc la paix, la détente des passions el de:; haines qui surnxcilaient la Gironde et la 11outa~ne. Il follail faire un clîort immense pour obtenir cette neutralité de l'Angleterre, et voici qu'un des grands journaux, le p!us pédant de tons, ]'éternel donneur de conseils, somme l'.\nglelerre de devenir répu!Jliquc ! JI ne lui suffit pas qu'elle réforme sa Conslitulion daus le sens de la dént0cratic. li faut encore qu'elle ait sa journée du 10 aoùl, qa'elle soit de poi1ll eu point la plagiaire de la France. Ces fanfarons stupides s'emeuvenl à la pensée qu·un arcord pourrait intervenir ent~e Pitt et ~'ox; or cet accord ne pourrait signi1:,•rqu'unè chose : c'est que Pitt, sentant grandir dans une partie du pay,, et à la Cour m~me, la politique de guerre, s'unirait à l·'oxpour l' mieu, résister. Dan:; cette h)Pothèse, Fox et Pitt auraient cerLainemenl réta!Jli les relations otlicielles a\ec la France, cherché nn moyen d'entente avec elle. lis lui auraient ,au, doule demandé dïnlerprliter dans un sens paciaque le décrel inquiétant du 10 no·,embre et cle renoncer à toute invasion en Hollande. La paix, ~l l'extension du droit de sulîrage, cela ne sufüt pas au, sentencieu, rédacteurs du journal de Prudhomme. Et il, Vùnl il la guer1·e contre !'Angle.terre avec une iocooscience et une inl,ituation qui épouvanl~nl. Le journal _récidi,e, ,ous le titre : Suite de la Révolution anglaise, dans le ou01érodu 15 au 2'.2 décem!Jre. Il annonce que la Cour d'Angleterre foil de:; préparatifs de guerre, el il déclare sans hésiter que la guerre sera le signal d'un soulèvement unirersel en Irlande, en Écosse el il Londres. El. répondant ü la partie du message où George Ill dit : • J'ai conservé avec ,oiu une stricte neuLralilé dans la guerre actuelle du continent, el me suis interdit toute intervention dans les alîaires intérieures de la France ». il écrit :

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