Jean Jaurès - La Convention I

li lSTOlf\E f;Or.I.\ !.l',TE ,,; ,, La marche du minislrre avail été tr,'s a,luciruse. Le, succès ,,, . la France Iïn quiélaicnl sur le sorl de l'ari,lorralir qui domine en Anf(lelc m• a l'ombre de la royaulé. li craü;nail qu'un e,emple aussi sèduisanl n'y lro111,\l t•nfin drs imitateurs, el. pour l'éviter, il fallait brouiller les de11l nat ions. pop11/ari.1rr rclle irnerrc, faire délester lrs nouvraux républicains par les Ane:lai, mêmes qui se foisaienl gloire de le, eslimrr. « r.ommenl parvrnir à ce point ·i La roule élail simple. Vn peuple 11,•jil. ,··rux el donl une grande partie est aisée, doit tenir à -i Conslilulion, parce que là est son repos, là sont ses jouissance,. C"élaillit au,si que devait lou cher le mini,lèrr. Il n·e,t pas 1l'Anglais qui ne soit con,aincu que la Con;,lil ulion anglaise a beaucoup de défauls, que la corruption du gouvernement esl sans borne,; mai, chacun ,oulait la réforme sans conrnl,ion, cl si ron lou chait ;, la Con,titulion, pouvait on éviter des convul•ions? Q11ipo111ailcalculer · les calamité~ qu"ellc enlratnrrait? La terreur de Cl'S calarnilés glaçait pres•1ue lnu• les esprits; elle les glatait d'autant i,lus qu'on leur exagérait les in convénients de la Révolution frantaise, que lt•s émigrés leur en faisaient de s lahleau\ hideux, que le ministre anglais prenait un soin particulier à n oircir Lous ces tablernx. • Dans celte disposition des esprits, il suffisait au ministère de sonnerie tocsin sur l'anarchie, el de crier que la Conslllulion élail en danger; car , ü ce mol de Constitution en danger, l'homme en place craignait pour ses appoinlement<, le noble pour ,e, litres, le prêtre pour sa <U>P~lilinn. le pro priétaire pour sa terre, l'ouvrirr pour son pain; dès lo,·s, Id con,pi,ation contre loulr ré10lulion devenait néces,airemenl universelle. » c·e,l ainsi que la foule bri11ail !"effigiede Paine dans la plupart des , illcs el des plus importants villages clu Northumberland et du Durham. c·e-1 ain,i que la maison du grand sa,anl Priestley était mi~e à feu el saccagée. Fr ancis disait amèrement à la Chambr~ des communes le 15 décemhre: « Sui•-i~ Iihre dans celle di-cussion? Si fhésite, si je halance ent,·e la guerre et la paix, si je délibère avant de prononcer, mon intégrité serat-elle au-,ilôl conle,tée. el ma loyauté suspecte? • Le ,enl d"orage emportait les paroles de Fox. D",1illeurosa politique de modération et de conciliation élail bafouée en France comme en Angleterre. Je ne suis point surpris de trou,cr ce jugement se,·ère dans le journal les Révolutions de Paris (numéro du 1" au() cléc1•mhre); car le grave journal croit que la Ré,olulion va éclater en Angle• terre, el nalure11enwnl, il n'a que du dédain pour ceux qui, comme Fo x, se contenteraient d"une réforme. • Commencement de révolution en Angleterre ..... Oui, le peuple angbis deviendra libre. Est-il permis d'en douter, pui~qu'il veut être noire ami! Puur di:\enir libre, il lui faut une ré,olution, eh bien! il la fera! Les sy mp• Lômes en sont déjà sur tons les visages el la volonté dans tous les cœurs . [u

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