IIISTOII\E SOCI \Ll',TE une révolution politique, substituant la plt•ine démocratie au parlcmrntarisme monarchique el oligarchique. On n·y pouvait concevoir une Hr,·olulion sociale analoc,:uc ù celle ùc la France. Car la plupart des rl'fornw- "'· ciales cl économiques, pour lesquelles lullaiL la nalion françai~r, étaient déjà réalisées en Angleterre. Au point de ,ue économique el rnci:11,la l\t•,·olulion fr.rnç,,i,e ,kmanllail l'égalité des citoyens devant l'impôt, l'unification du marché int,•ri••ur par la suppression de toutes les uarrières provinciale,, et cnlln l'alJolition du ré!'i,ne féodal. Or, en Angleterre il n·y avait pa,, en 1,80, une caste prhilégiée au regard de l'impôt: l'aristocratie payait ernctemenl comme la bourgeoisie et le peuple. De plus, aucune enlrarn ne gènail, à l'intérieur, la circulation des marchandise,. Quand Adam Smith résume l~s causes de la gran1lt•ur el <le la richesse de l'Angleterre, il note expre,,ément comme une des plus import.antes:• la liberté illimitée lie transporter toutes les csp~ces de marchan,lises d'un endroit du p.t)s à l'autre, srns élre olJlie:é de rendre com1,te à aucun bureau pulJlic, sans avoir à e>:Hl)'èr des questions ou de~ examens d'aucune sorte. • C'était <léjà, m 11µ-rébien des surviYances corporali\'e,, la liberté essentielle du trarnil, de lïndustrie el des échanges. El, quant au régime féo,lal, s'il en subsistait encore quelques faibles traces en !~cosse, on peut dire qu'il avait été presque enlièr~menl éliminé dan, l'enst'mble de l'An!(lelerre, par tout le mou1ement économique, en particulier par le mou,emenl de la 1ie rurale. Sans doute, il restait bien t•n Angleterre à la ll11du xvm• si~cle des rapports de féodalité, des liens lie rnssal à seit;neur. li y amil des domaines, des tenures qui devaient acquitter e:avu, t.• seigneur un cens annuel. )lais d'abord, les droits casuels, comme le droit de lods et ventes, c1ui pesaient si lourdement en Fr,111cesur les tran•acliuns, a\'aienl été dès longtemps abolis par un ,lalul de Charles Il. Ainsi, la propriété, même gre,·ée d un droit féodal annuel, pouvait être vendue el cédée sans payer aucun droil. De même_ le droit de retrait féodal, qui permellail pendant un ccrtJin temps ù l'lrérilier du seigneur de racheter un fief alicné, ne pe,ail pas sur la propriété anglaise. Ce régime plus libér&I s'étendait aux colonies. El il e,t, selon Adam Smith, une des causes de Id supériorité des colonies anglaises. u Dans Loule~ les colonies anglaise,, les terres étant tenues à simple cens, cette nature de propriété facilite les aliénations, et le concessionnaire d'une grande étendue de terrain trouve S(lll inlérôl ù en aliéner la plus grande partie le plus ,·ile qu'il peut, en se résenant seulement une petite rente foncière ... Les colonies françaises, il est vrai, sont régies par la cou-
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