6G8 IIISTOIHE SOCJALJSTE par l'industrie françai,e, notamment par l'industrie lainière, des côles de la ~lédilerranéc cl des marchés du Lel'anl, c·est parce qu'elle fesl complue à l'l'\rè, clans Je profil trop facile qu'elle se ménageait aux colonies par ce commerce ,,,cln~if. El la croisrnnce démesurée, " monstrueuse » du commerce r"lonial a absorbé une lrop large part des rec;sotirccs d'énergie et des nm!Jiticws cle la nation. Il y aurait intérêt pour l'Anglcte1-re, pour la sage dislribution de ,a force économique sur Je marché du monde, à desserrer les liens de 111 onopole qui allachent les colonie~. Et Adam Smith fait servir à sa thèse 1, 1 leçon impréYuc que donnent à J'Angl..trrre les événements d'Amérique. Qni n'cùL cru que l'Anf,lelcrre, ayant 111i~sa plus forte espérauce en son comml'rce colonial, allait être frappée grièvement par la brusque suspension des éch,\11f,CSavec les colonies américaines révoltées? Or, il se trouvait au contraire que de larges compensations s'étaient aussitôt offertes à elle. ELsi ces compensations ont pu être procurées à l'Angleterre par la faveur des événemcnl;, c'e,L pa1·ce que déjà ses relations d'affaires avec le monde étaient étendues cl variées. Ainsi, au débouché qui se resserrait ou se fermail sur un point, se substituaient des débouchés nouveaux. u'où il était aisé de conclure que l'Angleterre devait chercher la sécurité et la puissance non dans l'e,ploitalion e,clus;1c de marchés réserl'és cl étroits, mais ùans une expansion variée et indé· finie, dans l'élargbscmenL el le renouvellement continuel du marché. « Le commerce des colc,nies, en entrainant dans ce commerce une portion beaucoup plus forte du capital de la Grande-13relagne que celle qui s'y srraiL nalurfllemenl portée, 11arait avoir entièrement rompu cet équilibre c;ui se serait établi sans cela entre toutes les diverses branches de l'industrie hr,tannique. Au lieu de s'assortir à la convenance d'un grand nombre de petits marchés, l'industrie de la Granùe-13retagne s'est principalement adaptée aux !Jesoins d'un grand marché seulement; son commerce, au lieu de par• courir un grand nombre de petits canaux, a pris son cours principal dans un grand canal unique. Or, il en est résulté que le système total de ,on industl'ie el de rnn commerce en est moins solidement assuré qu'il ne l'eôL été de l'autre manière; que la santé de son corps politique en est moins ferme el moins rohuste. La Grande-Bretagne, dans son état actuel, ressemble à un de ces corps malsains dans lesquels quelqu'une des parties vitales a pris une croissance monstrueuse, et qui sont, pour cette raison, sujets à plusieurs maladies dangèreuses auxquelles ne sont guère exposés ceux dont toutes les parlies se troul'ent mieux proportionnées. Le plus léger engorgement dans cet énorme vaisseau sanguin qui, à force d'art, s·est grossi chez nous fort au ùda de ses dimensions naturelles et au travers duquel circule, d'une manière forcée, une portion excessive de l'industrie et du commerce national, menacerait tout le cor.is politique des plus funestes maladies. Aussi jamais l'.lrnwda espagnole et les bruits d'une invasion française n'ont-ils frappé le
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