Jean Jaurès - La Convention I

IIJSTOIRE SOCIAl,ISTE 003 " Il y a trois diffllrenle, classes du J euplc : rrux qui ,·ivent de rPnt,,, crux qui ,i\·enl de salaires l't •·t•n, qui vi\'ent dP profits. Ce, trois ocran Ci rlas-rs sont les clas,rs primiti,·es el ronsliluanles di• toute sofr,lé chilisée ... Lï11t,1n 11 dr la prrmi/orc d,, ces trois granclr, clns,rs (les rentiers de la terre) r-l l'lroil,•mrnl t'l in-(•parahlrmenl lit\ à lïnl11rN ~i·néral de la société. Tout ce qui port,• pront ou dornma!;C à l'un de ces inl••rHs en porte aussi nécessairement à l'a 11lrr. Q11and la nation nélihère sur quelque règlement r!e commerce 011 d'atfn1i11i,Iration, les propriétaire, des terres ne la pourront jamais égarer, m, 1me rn n'lcoula11l que la 1oix de l'intérêt particulier de leur classe, au moins si on leur suppos,. les plus simples connaissances sur ce qui conslilue cet intérêt. A la 1érilé, il 11'estque trop ordinaire qu'il, manqll'!nl m, 1me de cPs •impies connai•s~ncrs. De, trob classes, c'e,t la seule à laquelle -on revenu te coûte ni travail ni souci, mais à laquelle il 1ien•. pour ainsi dire, de lui-mèmr, el sans qu'elle y apporte aucun dessrin ni plan quelconque. Celle in,ouciance, qui fsl l'elTl'l naturel d'une situation aus-i lranqnille et aussi commode, ne laisse que trop ·ourent les gens de celle cla,se, non seulement dans l'ignorance des coosé1ucnces que peul avoir un règlement génér,il, mais les rend m~rne incapables de cette application d'esprit qui est néce.-,aire I o~r comprendre el pour prévoir ces con,équencc•. » )bis qu'on ks éclaire, qu'on le, habitue à la réflexion, et leur égoï.me même, intelligent el informé, sen·ira les inlérèls nouveaux de l'Angleterre indusrrie le. Arlam Smith est si convlincu que la puiss:ince inrlu,trielle de l'Angleterre est arrilé,• à maturité, qu'il rejette tous les moyens artificiels par le;quels l'industrie anglaise s'était soutenue ou arnil cru se soul••nir jusque-là. A vrai dire, il ne croit pas po,,ihle d'obtenir des marchands et manufacturiers. qui e\Crcenl une action très grande sur le gou\'ernement du 1>ay,, quïls renoncent enliéremeol au, fa1eurs du syslt'·me mercantile, aux droits de douane qui arr()lenl ou gè11enl lïmporlalion, au\ primes dont est gratifiée l'exporlàtion. Mai, re n'est pas la nature des chose~. ce n·e,l pas l'intérêt bien compris de l'indu-trie el du commerce, c'est l'é 0 oï,me aVt'u~le, impatient el i 0 norant des marchands et manufacturiers qui s'oppose à rentière liberté commerciale. au libre échange. «A la vérité, s'attendre à ce que la lilJ•rio dn coml'llerce pui•se jamais être enlièr,•ment rendue à la Grande-Bretagne, ce serait une aussi e:rantle rolie que ile s'alt 0 ndre à y voir jamais •e réaliser la Républi1ue d'Utopie ou celle de roceana. Non ~<'ulement les préj11g, 1s du pulJlit', mais ce qui est encore beaucoup plus diflici11• à \·aincre, lïntérèl privé d'un grand nombre dïndivitlus y opJ>OSentune rési~lance in,ur.nonlahle. Si les ofllcie'rs de l'armée s'avi- •~ieol d'opposer à toute réduction dans l'ét t militaire des elTorts aussi bien concentrl-s el aussi soutenus que ceu, de nos mallres manufocluriers contre

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