Jean Jaurès - La Convention I

58 IIIS'l'OIRE SOCIALIS'l'~ sonl revenus avec le désespoir d'avoir fail d'inutiles efTort,, cl la douleur d'avuir vu égorger sous leurs )·eux ceux qu'ils voulaient saurnr. • Non cerles; la domarche de J'..\ssembléc ne ful pas au,,i ,igourcuse que le dit Dris,ut: et :;i elfe écouta • la , oix expirante des lois el le cri de lïiumanit(• • c'est. d"un cœur qu'obsédaient d'autres pensée,;. Bri-s, ,t lni-mê11H' blàme au fond la lentalive des commissaires. li ne voit dans la démarche ,~-· la Commune qu.'11.11.pii!ge, el il aurait voulu que l'As,ern!Jlée, par une a!Jslenlion complèle, laisHll à. ra. Commune toute~ les responsallilit~s. Ainsi, pcn1fonlqu,, se con li nuait l'œa.ue de mort, qui futsirongtcmps et si lel'rililemenl c,ploil(•,• contre la Révolution, les rivalilés·de, parti, et d,•s humme, lui parali ,aient sourdement le cœur. Robespierre manœuvrait comme la Girond<', el contre elle. Dans cette même séance de la Commune du 2 ~-·plemllre au ,oir, où arrivaientdïnterrnlle en inler~alle, comme des coups lu:.;ubre, lhpp•, à la pur te, les nouvelles des ma.-;sacres,Robespierre intervient aye,: Billauù-\'arenncs. Mais esl-ce pour donner a.n conseil de cl~mencP,pour dire une paroli•11lmmanit6? Non; il semble qu'en cette soirée sanglante aucune fibre n'ait lr~-~ailli rn lui, si ce n·e,l des-fibres de haine. Et encore n<'-·aban.'lonne t-Il pa, au, fureurs du peuple déchainé contre les traitres, contre les cornplire, dr la rO)aulé. Lui, il dénonce les Girondin,; ùans la cùn!u,ion du. •ol h<>ull'\'er-(•,il ne perd pas, mi.a.ea.r patient, le fi.Ionde ses hai.aes. Et pelld.mt que Ir peuple frappe des ennemis, Lui. il cherche à frapper des rivau~. Je voi, tout à coup surgir du procê1r-ff1'balces lignes exlraoroinaire~: • :inL Ilillaurl-Yarcnnrs el Robespierre, eawiveloppant lieurs senUmenls cfvio1uPs,pe~nent la profonrk douleur qu'ils é~ent de l'~l:tl actuel de. la France. Ils tféuoncrnt au Conseil général un cwaplot en fnmr du duc de Bruru,,ri~k ~'1111 parti pni-,ant veulporler au t.rô.ne·llesFran.,;il.ÏS.• C'est contre ra Giroaœ.~'il portait cette accu,ation mea.rlriêre. El à quoi sert dP.' chicaner coI!Dlre X. Erne,l Jlamrl, sur les noms qu'il prononça? • Dem nom.;, di1-iI, trois peut-être, tombèrent de sa bouche, ceux de Carra et de Brissot, et lor•que dans la séance du 23 septem!Jre à la Conîenlion, Vergniaud reprocha à Robespierre emrrs lequel dit-il, il n'avait jamais prononcé que des paroles d'e~time, de l'avoir impliqu6 lui, Brissot, Guadet, la Source, etc., dans le complot dénoncé à la Commune dans la nuit du 2 au 3 septembre, Robespierre se revu et dit aTec l'énergie de la vérité:• Cela est faux.• A quoi Vergniaud répondit: uJe me féliciterai d'une dénégation qui me prouvera que Ro!Jespierre au~si a pu Mre calomnié. » Personne ne releva le démenti de Maûrnilien, et de la r6ponse de Robespierre à Lou,el, il résulte qu'en etret il ne- nomma que deux ou trois personnes déjà dénoncées par plusieurs de ses collègues comme ne cessant de décrier le Conseil général de la Commune. • Merveilleux efrels de la prévention; et à quelle sophl~lîque complai~ sante se laisse entrainer le probe hi,torien t C'est entendu. Robespierre n'a prononcé que deux ou trois noms. Niaisc'était le nom de Carra, un desJourna-

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