HISTOIRE SOCIALISTE wl de \'izille. li y élail en 1i80, et il assista aux fêles données par les Périer au~ f:tats du Dauphiné. c·esl à Genèl'e que résidait souvent à celle époque (il y avait sans doute une maison d'été) le procureur royal près la cour de Grenoble. li y était au moment où il entendit Mounier en témoignage sur les é\'éuemenls des 5 el 6 octobre, el c'est aux archives de Genève que j'ai trouvé le le~le de sa déposition. • Je n"ai pas élé témoin oculaire des assassinats commis à -Versailles. M. de :Uirabeau vint se placer derrière moi el me dit : « .\ionsieur le Prési- • dent, quarante mille hommPs arrivent en armes de Paris; pressez la dèli- " béralion, levez la séance, rliles que vous allez chez le roi. • J"observe que celui qui me parlait ainsi était ~I. de Mirabeau. !,tonné, je réponds: "Je ne « presse jamais les délibérations; je lrou,·e qu'on ne les presse que trop sou- • vent. • 11. de :llirabeau répondit : • Mais, :Uonsirur, ces quarante mille « hommes! • 11 est ioulile de rendre compte de ma réplique. " 0 le pau\'Te e,pril, méllanl, susceplib le el borné! Ce • je ne presse jamais les délibéra lions» est d'un héroïsme prudhommesque et sot. Sous l'influence de la Hévolutiün française, le mouvement démocratique s'accélérait à Genève. Le:-bourgeois de la ville clemandenl une Constitution populaire, l'applicJlion immècliate au Petit Conseil du principe de l'éleclion par le peuple qui avait été remi;; à dix ans. Les habitants de la campagne entrent aussi dans l'action, el, le i5 août el le 18 décembre iiOO, ils adressent aux « ~Iagnillques Seigneuries • de Genève une pétition pour !"égalité civile. el politique. lis y demandent la suppression complète du régime féodal. Ce n'est plus seulement, comme dans l'édit de li81, dans le domaine de l'Etat, c'est dans tous les fiefs des particuliers qu'ils réclament l'abolition sans indemnité de Loule taillabililé personnelle el le rachat « it un prix modique» des cens. De plus, ils demandent que les dimes soient abolies el que ce soit le Trésor public qui en assure le remboursement. En o'utre, les lods el Yenles, c'esl-11-dire les droits de mutation, seraient fixés dans les fiefs des parliculiers à 12 pour 100 comme dans les llefs appartenant à la Seigneurie. lis demandent en même temps un système mili Laire moins onéreux, el qui les a:;lreigne moins souvent au service en ville; !"organisation populaire de la justice par des arbitres élus au sulfrage universel; l'extension à tous les habitants du droil de suffrage. Ils protestent contre le privilège fiscal dont jouissent les bourgeois riches de la ville. L'impôt était calculé sur le revenu; les maisons de 1>laisancede la bourgeoisie n'étant pas producli1es de revenus échappaient à lïmpôl, tandis que le champ du laboureur ét,lil surchargé. (Archives de Genève.) C'était, comme on voit, toute une revendication vaste el précise. C'était la lln du régime féodal el l'organisa lion d'une démocratie égalitaire. Dans les autres cantons, plus lents que celui de Genève à s'émouvoir dans le sens dé-
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