Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOlllE SOCIALISTE lation lai:-séc a elle-mème parnll "bposée Loule enlière il se jeler, comme la Sarnic, dans les bra, de la l\épublique. Seulcmenl, les gens onl les yeux fixés sur c,·11, au j11eenw11dl esquels ils ont confiance et qui ne se sonl pas encore d<'daré-. J.- me sui> jusqu'ici tenu sur la réserve, mais celle nculralilé est fàdH'lht' : la crise oblige à prendre parti. L'exemple de la France a montré ce que ,crail parloul le sorl des émigrés, el l'esprit révolulionnairc, éveillé par la dr,LruC'lion totale des armées alliées, agit si puissammen l, comme on dc- \ail le ~~1pposer,que tout esL à craindre pour la Conslilulion allemande, si 011 1w détache pa, pacifiquement et si on ne ri'de pas dr bonne qrdce les parties de l'.ltlrmaqne qui so1tt devenues décid,'ment démocratiques. Reureusemenl pour l'Jllemaqne, le Rhin est là. Il doit former la limite, qui séparr de l'.ttlemagne le territoire de la République. Ce serait folie si on sonqeait encore au..cvieu..crèves dïntanqibilité et d'indivisibilité de l'Empire. Tout est perdu, si on veut tout ,·essais il·. L'exemple du pouvoir royal en France suffit à le prouver. La contagion s'étendra sans cesse, si 011 n'achète pas, coùte que coûte, une paix qui permelle aux puissances de se rendre maitresse, de leurs rnjels. A peine même peul-on espérer cela maintenant, après la faute si grave de l'expédition en France. Les soldats, les bourgeois el les paysans sont méconlenls, et l'honneur perdu des premiers ne se peul consoler que par celle parole : qu'il esl impossible de lutter contre la liberté. C'est ce qu·a montré l'Amérique el aussi la France. Qu'on ne m'objecte pas la Hollande cl le Brabant : ces pays comballaient, non pour la liberté, mais pour l'aristocratie. En Italie tout tremble devant les progrès de la République française. Je le liens de la bouche de voyageurs dignes de Loule confiance. La Catalogne attend le premier signal. La lle,se el la Souabe vonl de leur désir impatient au-devant des libérateurs. Cohlentz esl français dans trois jours. Courtrai en Flandre esl réoccupé par La Bourdonnaye, el Dumouriez soumellra sans cloute avant le nouvel an toute la Belgique autrichienne, La toute puissance de la Russie en Pologne est fâcheuse pour le roi de Prusse el l'empereur d'Autriche, el elle exige Loul leur effort de résistance. 'l'oul demande la paix avec la France par le seul sacrifice des évêchés de Trèves el de ~1ayence. » l\lais quoi, est-on tenté de se demander: quel jeu joue donc Forster'? El s'il est vrai que la Conslilulion allemande est à ce poinl ébranlée ou menacée par l'esprit révolutionnaire, s'il est vrai que la Hesse, la Souabe, bientôt sans cloute les autres l,lals appellent la République française et la Révolution, pourquoi, lui, l'homme de lihcrlé, renonce-l-il d'emblée à révolutionner l'Allemagne? El comment ,a-t-il jusqu à dire que la paix csl nécessaire pour arrMer l'ébranlement de la Révolution, JJOurpermellre aux. pouvoirs constitués de maintenir l'ordre ancien? Forster serait-il assez égoîste el assez vil pour acheter, par l'abandon el le sacrifice de toutes les espérances révolutionnaires de l'Allemagne, le plaisir d'aller, comme citoyen français de Mayence,

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