IIJSTOlllE SOCIALISTE qne les l'rançai-; s'al'ançaient a\"CCune tranquillité el une assurance telles que jamais on n'eùt pu supposer quïlsallaienl à un a~ aut. Ocomique méprise de la peur, qui n·a même plus la force de comprendre le courage cl de le supposer en autrui! .\ insi, tous les jours, Forster et ses amis, flétrissant le gouvernement tomb,', es,apienl de susciter dans !'Ame du peuple l'amour des libertés nouvelks par le mépris des servitudes anciennes .• « C'élail comme le jugement des morts pratiqué par la vieille Egypte. » DrYanl le peuple de l\Iayence, la tyrannie morte comparaissait. Un moment, les rérnlutionnaires mayençais purent croire qu'ils avaient animé el passionné le peuple. Quand sur une grande place de )layence ils ()lantèrenl l'arbre de la liberté, orné de rubans tricolores el couronné du bonnet rouge, une foule immense les acclama. Pourtant Forster n'est pas sans inquiétude. JI ne ,oil pas autour de lui des forces d'organisation : quelques professeurs, quelques médecins, quelques juristes, un très petit t,ùmbre de bourgeois. • L'instrument dont le destin se set·t pour l'accomplissement de ses décrets, n'est bien souvent en effet qu'un instrument sans valeur propre. Si on ôte aux Jarobins de )layence la splendeur dont les enveloppe la salle de réunion magnifiquement éclairée, cl les mérites solides de quelques hommes instruits et droits, qui forment le noyau de la société, il reste une foule très hétérogène, qui a tous les défauts de ces sortes de formalions hâtives, el qui ne satisfait en aucune manière un goùl un peu délicat. Beaucoup de juristes instruits, dont Je régent al'ait récompensé l'imparlialité par la persécution et la disgrâce, plusieurs marchands importants el d'honorables citoyens d'une probité universellement connue, quelques professeurs de l'Université dotée, mai:; souvent malmenée par L'Éiecteur, et enfin quelques prêtres vertueux et à l'esprit clair, sont la force de la Société de:; Amis du peuple, et ils honoreraient toute société. Mais un essaim d'étudiants bruyants el grossiers, d'autres jeunes gens imberbes el ,1uelqur, hommes d°L1\1meoralité suspecte avaient été admis, soit pour grossir le nombre des arlhérents, soit pour respecter Je principe de l'égalité. » Des maladresses étaient commises. Le professeur Bœhmer eut l'idée singulière ùe proposer une ,orle de referendum sur deux registres. L'un rouge el à tranche tricolore del'ait recevoir la signature des amis de la liberté. L'autre, tout noir el garni de chaines, devait recevoir celle des ennemis de la Révolution. C'était faire grossièrement violence à la liberté même que l'on prétendait honorer. Pourtant, malgré l'opposition de Forster, ce despotique enfantillage fut adopté par la Société. t,;t telle était la couardise des anciens dirigeants, qu'il ne se trouva pas un seul des privilégiés et de leurs amis qui osàl protester sur Je registre noir. Mais surtout, quelle politique allait proposer aux-citoyens de )layence la Société des Amis du peuple? Quelle solution? La grande politique, à la fois nationale el révolutionnaire, e1H consisté à dire à Custine:
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