588 JIISTOII\E SUCIALIS'I'~ " L'industrie française trouvera toujours son marché, même si la France n'a aucune possession e,térieure. Le manufacturier français est plus économe cl plus laborieux, tout au moins aussi laborieux que l'anglais; il peut donc livrer ses marchandises à meilleur marché. » Ainsi, Forster entre de plus en plus dans les intérêts de la France, el ju,que dans le calcul de ses forces. Il admire le discours de Brissot contre la )Jaison d'Autriche. Il le trouve substantiel et décis-if. Il est gagné, lui aussi, par l'énervement belliqueux de la Gironde. Il accuse, il dénonce les prêtres, les princes, les nobles d'Allemagne qui rendent la guerre inévitable. Mais, au fond, il est si exaspéré par la nuée bourdonnante des émigrés, par les vantardises et les fanfaronnades de tout le monde dirigeant d'Allemagne, il a aussi une telle impatience d'échapper à la lourde incertitude de l'heure présente qu'il souhaite que la foudre éclate, écrasant les vaniteux, nettoyant l'espace. Et il est de cœur avec les révolutionnaires français qui ont de la vigueur el de l'audace. C'est contre les Jacobins que déclament les rois, les ministres, les privilégiés, les journalistes el libellistes de cour. C'est pour les Jacobins que Forster prend parti ... « ... J'avoue volontiers, écrit-il le 5 juin 1702à Heyne dom il cesse de ménager les inquiétudes, que je suis plutôt pour les Jacobins que contre eux. Sans eux, la contre-révolu lion aurait éclaté dans Paris, etl'ancien régime aurait été entièrement rétabli. Ce ne sont pas eux, c·est la reine qui met tout' le jeu aux mains de la Prusse et de l'Autriche. Si l'on ne veut pas perdre !out ce qui a été conquis, il faut que les Jacobins agissent comme ils fonl. La collusion entre le cabinet secret (des Tuileries), les émigrés et les Cours étrangères ne peut être frappée dïmpuissance que par des moyens audacieux et qui découvrent à tous combien est intolérable et faussé l'élat présent des choses en Prance. Tous les liens sont dissous et doivent l'être, si on ne veut pas portei· de nouveau les vieilles chaines. La Cour ne songe qu'à sa splendeur età son despotisme d'autrefois. Toul peut crouler pourvu qu'elle se dresse sur les ruines. Les puissance, étrangères peuvent à leur gré dépecer la France, pourl'u que le morceau réservé à la Cour soit décidément sous le joug. Mais ce plan même reste en suspens. Les émigrés le savent bien, et n'ont point d'embarras à dire qu'ils sont trompés par la Prusse et l'Autriche. Entre les trois grandes puissances toutes les conventions sont remaniées. L'impératrice (de Russie) partage la Pologne, au lieu d'envoyer ses troupes en France; la Prusse aura sO.rement sa part. L'Autriche el la Prusse cherchent à prendre la l'landre française, l'Alsace el lu Lorraine. Elles n'iront pas dans leur marche beaucoup plus loin. Que l'on pousse devant soi les républicains comme un troupeau de moutons; il taud ra bien cependant qu'ils se ramassent quelque part, et qu'ils livrent le combat ùu désespoir, dont on laissera sans doule porter surloul le poids aux émigrés. Ceux-ci ne seront admis à agir que lorsque les puissances seront eu possession des provinces françaises convoitées.
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