Jean Jaurès - La Convention I

IIJ-;TOII\J·: SOCI.\LISTE quel t·n ,l•rail r..ireL$Ur l',\llpmagne! EL la réponse quïl fail à la quc,lion est Ir,.. nPII•'· o·un,' pari, 1.\llemagnc n·esl pas prNe pour un mouvement comme ,·rlui d,· la Fr,ince. ~lais d'autre part, ce n'est pas impunément que le, prinrl'', 1 1,. iYili•p;lcsallemands prolongeraient cl aggraveraient le régime d'arbilrairi'. lis ne pourront pas longtemps résister à une immen~e force profond<' qu; ,e"emble, par ,a :;pontanéilé ,a,IP et ses irrésistibles progrès, à un pbénorn~ne rliYin. ".k Yeu, hien croirl' aussi, continue Forster, que cela se propa::r·ra; nn•-, ('Il Allema:,:-ne, nous ne sommes guèrt encore préparés; notre pelil peuple ::èrnit rnrore dans le:; rer:; clcl'i~norance plu, rluN el plu, avilissants qur ,·r11, du de,poli•me; il y a peu de dislricL< 111• l'Allema:;nc où le peuple soit a,,e, éclair(• pour qu'il pui,,r fairP un bon usage de la liberté. li importe rl'auta11t plus an, prince:; rlr nr pas l'irriter, car il ne se comporterait sO.remenl J.ta, ayec r·nt,• modéraliùn divine qu'on ne saurait trop atlmirer dans les Français de nos jours. r.·est pour celte Nison sans doute que tous le:; rlTort, rie la l,i1•r,11·rhirpour conserver son ancien empire me parai.-enl si imr nttlrnb dans rc moml•nt. C'est comme si les ecclésia,liques étaient rrappés rt·.w,.11;:lement.~r voienl-ils donc pas <JUela ,oie rle l'accomrnorlemrnt c,l la , 0 :1:,, qui I,•ur rc,te·? Veulent-ils donc accélérrr à toute fon•c la cat:n;lrophe~ Aiment ils mini, tout perrlrt! à la foi,, que de céder pour le moment à la lumit're qui jaillit autour d'eux cl qui éclair,• leur ,anctuaire ténéhrc1"? l.}1101J•11.- l'ltlt perder~ prius demrntal. (Dieu aveugle d'ilbord ceu\ <Juï ,eut pcnlre\. Il y a certainement de la Providence, de la Destiné,•, du üi,'u, dans tout cela; tt celle grande YOlonté si infiniment inrléfJCIHlant••tle tous les rlîurl, hu111ai1h:,'accomi,lira en dépit d'cui:. l\'ous le t'rrro,1,enr11redeno, propre.,11ni.r, cl rc n'e:;l pas là le spectacle le moins intéres,anl au 1url nous soyo11, appelé,. En génér.11 il rnudra la peine de vivre dans ce moment, pour ètr" témoin d'un dènloppemcnt inattendu, singulit·r et consolant de:; force, que la 11aturea concentrées clans l'Ame de l'homme. • li e,t \i,iblr qnc, dès ce moment, Forster s'attend à des événements décisif:; en ,\llemagnr. même, et que, prr•que sans se l'avouer à lui-même, il s·y préparP. c·esl ~an5 cloute aus,i dès lors qu'il commence à s'ouvrir plus librement awc les pror esscurs, les médecins qui comme lui aiment la Révolution et la France, a,·r,c Hoffmann, Dasch, \Yeclekinù. JI a beau se surveiller. Il a beau écrire à lleyne, inquiet de ses tendances, qu'il ne peut ,ouhaiter de plu~ grand bonheur que le travail rfgulier et paisible dans le cercle de la vie de famill~. Il se détend mal du verlige de la grande action; et le gou!Yre J'attire. Voici d'ailleurs qu'il ~layence l'e,pril de contre-rérnlulion se développe. Voici c1ueles prêtres qui gou ,ernent l'électorat, ,effraient de la liberté d'esprit rie l'Univer:;ité, cl, renonçant au ,y:;tème de tol<irance qu'ils a,aient pratiqué par mode el r,ar dédain, pen-écutenl le prores~eur Dasch, coupable d'avoir enseigné la philosophie de Kant. ,·oici que l'Allemagne s'emplit d'une

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