Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOll1E SOCI.\J.ISTE clt> tout grnnd mou,enH•nt? Youdrail-011 que déjà, par une sagesse trop aiH'ment réglée rt 1111 peu débile, le monde noul'eau rtt pressentir une maturité monotonr el nnr rapide sénilité? Beau rsl 1,, spectacle des forces qui Jutlrnt, beau et sublime môme en leur nrlion destructrice. Dans l'éruption du Vésuve, dans la tempNe nous admirons lïndépendance divine de la nature. Nous ne pouvons emp()cher que les matérlaU'Cde tempèle s'accumulent dans l'atmosphère, jusqu'à ce que le, replis des nuées, saturés de foudre, menacent la terre de destruction. Nou~ ne pouYons empêcher que les· flammes dela montagne développent leurs rnpeurs électrique;, qui ouwent un chemin à la lave en fusion. El il en est ain,i <lestempêtes du monde moral, avec celle seule différence que la rais()n el la passion ~ont des forces plus élastiques encore que la foudre et l'électricité. • Ce Yésnve, Forster ne dit pas où il est. Cet1e tempête grandissante, il ne dit pas où elle gronde. ~lais la hourhe du cratère est à Paris; c·e~t de la France sur le monde que souffle le ,enl d'orage. El à quoi sert alor- de se deman<ler si le- peuples ont le droit pour eux, ou si ce sont les rois J Question indéfiniment controversable. Les sujets pourront toujours alm~cr du droit élémentaire de résistance à l'oppression pour se ré1olter sans raison décisive. Les rois pourront loujour, abuser de leur droit traditionnel pour réprimer, sous le nom d'émeute,, les plus justes et les plus nécessaires soulèvements. La limite lhforique du droit des peuples el du droit des rois ne sera fixée pour personne, ni pour la foule ignorante dl•s manouvrier,, des ouvriers de la mine, ni pour la foule au moins au,si ignorante des privilégié,, princes, nobles el prêtres. Ce n'e,t pas l'éternrlle controverse juridique el théorique qui résoudra le problème; c·esl la pou~sée profonde des forces contraires. Regardez donc les foyers qui se développent el qui s'allument. Peut-être est-ce un orage el ,ovs ne l'arrôlerez point; peul-être n'est-ce qu'un jeu de l'horizon, l'éblouissant caprice des nuits d'été. Regardez, attendez : el Forster, interrogeant en e!Iell l'horizon de l'Europe, ,oit sur Paris et sur la France de nsles et ardentes lueurs <leliberté, à l'horizon de l'Allemagne de pâles et fuyantes clartég. Est-ce une lueur jaillis~ant de la conscience allemande? Est-ce seulement le rPflet de l'orage lointain de France? Forster réserve sa pensée el continue son chemin. li vi,ile l'.\ngleterre, el il s'étonne de n'y avoir pas trouvé une conflanre amie et une grande ouverlnre de cœur. Qui sait, si à ce moment, 1700), l'Angleterre même ne commençait pas à s'interroger? Ce que Forster a pris pour dP la contrainle ou pour l'hahituelle el déconcertante réserve du caractère anf(lais n'était peut-Nre, chez beaucoup de ses interlocuteurs, qu'un commencement de doute et d'embarras. En traversant rapidcmP,nt la France, For,tn constate la puissance du mou,ement ré1olutionnaire. C'est dans le mois <le juillet 1790, dans le mol•

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