58::l IIISTOilrn SOCIALISTE sent toute la sphère terrestre et relient les continents, n'est pas seulemenl., dan<son activité d·esprit et dans son influence sur la ma,·che qénérale de rtwmaniti, un des plus heureux parmi les hommes; mais il est aussi, par la 111 n«P dPs r.rpériencespratiques que chaque échanqe accroit en lui, par l'or,lre 1,t la généi-alité des concepts que l'on peut raisonnablement supposer en un Psprit qui domine un si vaste champ de la réalité, un desplus éclairés. Bien mieux que beaucoup d'autres il atteint ce qui est la fin la plus haute de notre nature : agfr, penser et, par de clairs concepts, concentrer en soi le monde objectif. Il est digne d'envie, le sort d'un homme qui, par son esprit d"entrep,·ise,ouvre à des milliers d'aut,·es hommes la source du bien-être et du bonheur domestique, d'autant plus diçne d'envie qu'il leur procw·e ce bienfait sans diminution aucune de leur libe,·té, et qu'il est le ,·essor/invisible d·actions que chacun attribue d son pi·opre vouloir. L'Etat est heureux lorsqu'il compte en soi des citoyens de cette so1'te,dont les grandes elllreprises non seulement peuvent se concilier avec la plus haute éducation des forces morales des citoyens plus humbles, mais encore acquièrent par celle-ci plus de stabilité. Là où l'extrême pauvreté accable lemanouv1'ier, là où avec tout l'Pflort dont il est capable, il ne peut jamais arriver d la satisfaction des besoins de la vie les plus impérieux, là où l'ignorance est son lot au milieu d'un pays où la science éclaire les hautes classes de son pl-us clai,· rayon; là aussi ce manouvrier ne peut réaliser en soi la plus haute destination de r homme, étant réduit à n'être lui-même qu'un outil qui façonne les moyens d'échange entre les nations. Il en est tout autrement là où l'habileté el l'activité, s12,·es de lew· salaù·e, procurent à celui qui en est doué un certain degré de bienêtre, qui lui rend possible d'obteni,· au moins des connaissances tltéoriques au moyen d'une instruction convenable et d'une bonne éducation. (,'ombie11 petit et misérable apparait le despote qui ti·emble deva1tt les lumières de ses sujets, quand on le compa,·e d r homme p1·ivé, au fab1·ica11dt 'un Etal lib1·e, qui fonde son propre bien-üi·e sur le bien-être de ses concitoyens et sui· leur instruction plus pai-(aite I • Quelle intéressante déduction I C'est comme la glorification kantienne de l'industrie. Kant proclame que le devoir suprême de l'homme envers l'homme c'est de le traiter comme une fin, non comme un moyen. Et la dignité de lïndi l'idu humain, c'est de s'apparallre à lui-même comme une fin, comme un but. L'homme ne doit pas être !"outil d'un autre homme. Même quand il collabore avec un autre homme, même quand il travaille sous sa discipline, il faut qu'il ne soit pas un instrument. Il doit, même dans ce travail subordonné, rester sa fin à lui-même, accomplir et perfectionner sa propre nature, réaliser sa destinée la plus haute. Or l'industrie, la grande et libre industrie, qu'aucun privilège corporatif ne resserre, qu'aucune exploitation féodale ou princière n'épuise et ne ravale, est, dans l'ordre pratique, «le règne des fins•, le triomphe de toutes les libertés. Le chef d'industrie
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