HISTOIRE SOCIALISTE 307 cratie belgiq11e de sophistiques hurlements, entrecoupés de mots profanés par eux de peuples, ùe ,ouverainelé, etc. Dam le temps mème que cette sct'ne scandaleu,e ,·évollait tous les ,·épublicains ... etc. » Après tout, ce n'était qu'un détail. Ce qui était grave, c·e~Lque la France dr la Hé, olution, au lieu de laisser à leur libre essor les peuples simplement délivrés de la crainte ùe leurs oppresseurs, fùl obligée d1',;e ,;ubslitner à eux et de raire pour eu~. sans eux, au besoin contre eux, leur Rél'Olulion. Terrible dilemme: ou laisser subsister autour de soi la servitude toujours menaçante, ou faire de la liberté imposée une nouvelle forme de la tyrannie. La France expiait par là la magnifique et redoutable aYance révolutionnaire qu'elie avait sur le monde. C'est une gloire, mais c'est un péril pour une nation de devancer les autres peuples. li n'y a pas harmonie entre ses crises sociales el celles de l'univers: et il raut on qu'elle soit submergée par le reflux des puis,;ances rétrogrades qui l'enveloppent, ou qu'en propageant par la force le progrès et la liberté, elle s'épuise en une lutte formidable, et fausse par la violence la Révolulion même qui doit alîranchir el pacifier. Aussi, nos patriotes ont la vue bien courte et l'esprit bien pauvre quand ils se plaignent que l'Allemagne el l'Italie ne soient pas restées à l'étal de morcellement el d'impuissance, qu'elles soient constiluées en nations unifiées el fortes. car c'est précisément par là qu'il est permis maintenant d'espérer en Europe un développement politique el social à peu près concordant des diverses nations. Dès lors l'holulion de l'une ne risque pas de se heurter à l'immobilité des autres, el les plus grandes transformations intérieures des peuples ne sont plus une menace pour l'équilibre du monde et pour la paix. C'est la Révolution, ce sont ses luttes contre la servitude universelle, ce sont ses appels passionnés et violents à la liberté de tous, qui O11tprJparé celle homogénéité de l'Europe. Quand, du haut des Alpes, la liberté jetait son cri d'aigle à l'univers el appelait à la liberté et à la vie « les nations encore à naitre•, elle annonçait celle sorte d'unité, de concordance politique et sociale qui caractérise l'Europe nouvelle. Quelles qu'aient été les imprudences, ,olonlaires ou forcées, de la Révolution française, c'est là un résultat d'une incomparable grandeur. Elle a adressé à toute l'humanité une sommation hautaine d'avoir à Mter le pas pour la rejoindre. Elle a animé, secoué, violenté les nations attardées. Elle les a obligées à sortir de l'ornière des siècles. Elle a rendu pour elles impossibles à jamais les somnolences et les lenteurs de l'ancien régime. Elle a précipité pour toutes le rythme de la vie. Elle a posé IJrulalernent, et sous l'éclair d'orage des jours présents, des problèmes qui se dé.eloppaienl en quelques consciences d'élite avec une sorte de lenteur sacrée. ELsa proclamation de liberté aux peuples, si elle a l'éclat de cuivre des sonneries guerrières, en a aussi l'allégresse jpressante et entrainante. Debout, peuples belgiques Si lourdement endormis sous l'épais manteau catholique! Debout, penseurs et
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