IIISTOlflE SOCIALISTE el qui trace le plan de recon,lruclion sur le lypc de la France nouvelle. 0 rèirurs d,• Tubill!we, qui amalgamiez lt'S r6ves de nalionalisme allemand l'Lde liherlè unh-erselle, quel lroulJle d"e,pril c;;l le ,ôtre ! Un demi-siècle après, llern,•gh dira brulaleme11l; .. :,; 011s ne voulons pas de la liberté étrangère. Nous ne voulons pas de celle lia11céeque lt•s soldats de la France ont tenue·dans leurs bras avant de la co11duire à nou,. • c·e,L celte sorlc d'orgueil national cl de pudeur nationale que les révolutionnaires allemands commencenl à éprouver à la fin de 1ï02. A Haî dire, la llernlution française ne pouvait tarder davantage à prendre parti. La conqu(lle, même au nom de la liberté, n'échappe pas à la fatalité de sa Jo~·iquc. Déj[1il était devenu impossible à la France, quand elle avait occupé un pays el quand de;; citoyens de ce pa)S s'étaient compromis à servir Ja Hcvolution, de rw pas assurer ceux-ci contre Loule violence. C'est sur la réclamation des citoyens du Limbourg et de Darmsladl, craignant d'être abandonnés sans défense après le départ de nos troupes aux représaillc- de la contre-révolution, que ful rendu le fameux décret du H.\ novembre, que j"ai déji1rité, cl où la France promettail proteclion à tous ceux qui lulleraient pour la libcrlé. ~lais cela ne surtlsail point. Car comment s'exerccrail celle protection? La l\él'olution allail-elle donc être obligée de mouler la garrle à la porte de chacun des citoyens étrangers qui s'étaienl prononcés pour elle? Laisserail-elle au:1.pou,oirs d'ancien régime le droil de fonctionner encore, de ,'imposer par la force de J'habilude, du préjugé ou de la crainte, et de menac,r ainsi partout la minorité révolutionnaire? Il n'y avail vraiment qu'un moyen pratique de protéger celle-ci : c'était dr rcl'OlulionrH,r le pays, d'y organiser la liberté, el d'appeler Lousles ciloyens à e,crcer leur sou1eraineté, mais à l'exercer selon les principes nouveaux el dans le sens de la llévolulion. La nécessité financière aussi élail pressante. C'étaienl les biens de l'ancien rrgime, les biPns de 1'1'glise de France et des nobles émigrés de !'rance, qui a,aicnl nourri la flérnlulion en France. Sur ce fonds nalional, il était impo~sililc d'cntrelrnir une Révolution unirerselle, el, à porter seule les frais de la ,aslc gu(•rre pour la liberté, la France aurait élcinl en son foyer m~mc celle liberté univer,elle. C'était donc la richesse de l'ancien régime européen qui d1•1ait r.ourrir, sous le contrôle de lu France, el par ses mains, la llé1olulion curopi·ennr. Mais comment disposer partout, en Belgique, en Allemagne, comme en France, des biens du clergé el des biens de, nobles, si' Jar tout le rc;.;ime politique et socill de la France révolulionnaire n'élail appliqué'/ Et voilà par quel enchatnc•mcnt de nécessités la liberté, armée en guerre, prenail la formP •t les mœur, de la con1uMe. Voilà comment la libénlion despeuple~hrrétail imposée par un décret du ,·ainqueur, el comment e110nla Hévolution le1ait trilJut sur les nations même ou'elle alTranchissail.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==