HISTOIRE SOCL\LISTE 523 dan, !"ordre des faits? .\lais cette espérance n'esl accompa'-\llée chez Kant d'auctme impatience d'action; et, dè~ que la U0volution française esL obligée de \iolenter la royaulé el de frapper le roi, il lui retire ~on approbation. Selon Ini, les institutions traditionnelles, si brutales qu'elles soient, n'auraient pu se fonder et durer sans un certain con,enlement même des opprimé,; l'o;.pression ausolue qui suppo.e le refu:; ab-olu des hommes au régime qu'ils subi-sent est une impossibUilé historique, et, dès lors, toute inslitutioo étant à quelque degré un contr.1L doit Mrc ré,;olue à l'amiahle et par la volonté commune des conlraclanls. En second lieu, h nécessité où esl uue Révolution de recourir à la violence est un signe pour Kant que la prépar.iliou intérieure et profonde des cs1,>rilsesl in~uffisanle. Or, c'est celte préparalio1 des esprits qui est pour Kml l'essentiel des ll.évolulions; et si elle, sont rupcrficielle,, elles ne valent pas ce qu'elles coûtent; elles ne valent pas le sang qu'elles versent el les· ruines qu'elles font. Yoilà les poinl:l de vue de Kanl sur la Révolution française. et ils soul à l'avance marqués dans son œuvre. ~lais s'il est prêl à désavouer les violences, il n'esl pas prêL à se laisser décourager par I ï.usuccès partiel ou m,'mc total des entreprises de liberté; car leur succès est as.suré, pour uu temps que l'esprit ne détermine pas; el l'optimisme réaliste de K:111ls,ïl est rebelle. aux impatiences et aux fièvre,;, est prémuni contre tout dé,espoir ou m-ime contre Loule lassi• Lude. c·est ainsi encore qu'il affirme, san, illusion et sans hâle, la uéces• silé de l'universelle el éternelle paix entre les nations. Ce qu'il y a de plus scandaleux et de plusdoulonreux dans le spectacle du monde, c'eslle régime de guerre perpétuelle et de perpétuelle défiance qui met les peuple, au, prises. Dans l'intérieur de chaque nation, l'étal de nature et de pure violence a fail place à un certain ordre social qui assure en quelque façon et à quelque degré le respect réciproque des libertés. ~lai;, dans les rapports de nation à nation, c'est l'étal de nature qui suhsisle en son entier, et Kanl ne cesse de le déplorer. • La nature humaine, écrit-il dans son opuscule Cela peut être bon en théorie: 1ù,l nulle parl moins aimable que dans les rappocts récipro1ues des peuples. Aucun État n'est un seul niomcnl a,suré à l'égar .l des antres dans ,on indépendance ou dans sa propriété. La volonté de s'asservir ou de se frustrer- réciproquement est constante; el les préparatifs de défense, qui rendent sourent la paix plus ai:cablante el plus destructrice du bien-être que la guerre même, ne-peuvent jamais être abandonnés. " Il dit encore-avec force dans ses Idées sur une histoire universelle: « Le problème d'une conslitulion civile parfaite dçpend du problème des rapports légau-c des États rentre eux, el ne peut pas être résolu à part de celui-ci. A quoi sert-il de travailler à nne constitution ch ile conforme à des Iois parmi des particuliers, c'e,t-à-dire à l'organisation d'une communauté sociale définie? La même imociabilite, qui a eu pour elîel final d'obliger les indi\i-
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