Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCIALISTli bition GUC la Commune a tracé, risque de s'affaiblir el de s'enfiévrer. li n'est pas ~ain à une grande cité ardente de vivre ainsi rom me dans une muraille de soupçons. li n'est pas sain d'habituer Pari", par celle clôture étroite, à se considérer comme un monde à part, comme une sphère contractée el impénétrable. Il n'est pas bon d'habiluer la Fra11ce à vivre aussi comme si Paris était séparé d'elle par un abîme. Que les communications soient rétablies entre Paris el la France. )lai, au moment où Danton semble condamner ainsi le sy,lème oe surveillance jalouse inslilué par la Commune, il lui donne une salisfaclion éclalanle en ordonnant des perquisitions, des visites domiciliaires dans tout Paris. Après celle grande mesure de salul national, qui osera chicaner la Commune pour ses initiati l'es plus timides depuis le 10 aoû.l? El celle grande me,ure de police révolutionnaire, la responsabilité en sera répartie cnlre le pouvoir e,écutif qui la propose, l"Assemblée qui la ,·ol!', la Commune qui reÀécule. Toutes les forces discordantes et hostiles s'unissen l, se pénNrenl et se cornpromellcnl à la fois da11sle même acte. ::\lais quoi? Danton ne va-l-il pas concentrer en une ou dru, j•Hirnées toutes les violences révolutionnaires? Ne va-l-il pas livrer it Loule, le, fr,·nési,•; du soupçon les citoyens forcés dans le secret de leur domicile '1 ~lais remarquez comme, apr~s avoir parlé de ~aisir les trallres, Danton parlr surloul de saisir les arme,. C'est dolic surtout au proOLde la patrie, c'est pour réquisitionner des armes que la Ri·volulion va, pendant u11ou deux jours, fuuillcr Paris. El les soldats de la France rholuli()nnaire iront en chantant wr, la frontière, emportant peul-t\lre, pour les épurer au feu de l'ennemi, lt•s passions haineuses des partis qui déchirairnl la cité. C'est tout cela que j'entends gronder et frissonner dans la parole 1'e Danton comme dans un Lorrenl tumullueux et clair qu'alimente l'eau des cimes. Pas une seule pensée venimeuse ou basse; pas une insinualion ca lomnieuse. C'estMaral,c'e,l Hobespicrre qui disaient qu'il y nurail péril pcnlêlre il désarmer Paris de ses défenseurs. Danton ra,sure ces esprits inquiets: JI faut que <le Paris comme de toute la France le peuple se précipite en masse sur l'ennemi. Mais s'il lente de dissiper celle excessive défiance de Marat el de Robe!>pierre, il ne les accuse poinl de manquer de palrioti~mr. tandis que le journal de Brissot écrit venimcusemenl le 31 aoû.l: • )1ali;ré lco efforts de Robespierre el de Marat pour amorlir le zèle guerrier des ciloyrr.; et les emp,'cher de voler au secours de leurs frères d'~rmes, Paris ne se dé,honorera pas par 11n làclw égoï,me . ., Ah! comme l'âme de Danton est grande el comme son esprit c,l haut à côté ,le ces mi~érahles pensées! L'Assemblée sur un rapport de Chou dieu décréta le 29: • Il sera fail par les officier, n,m,icipaux ou par des citoyens par eux. commis, de,; visites domiciliaires dans loutfs les communes de l'Empire, P'•ur constater la quantité des munitions el le nornhre des armes, chev'\u,, charrelles el chariot~

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