Jean Jaurès - La Convention I

<'<'-'ion, fun•nt inlt•nlit,•s ri aus-i l,•s pèlerinagr~ qui entretenaient la Hlpel'- ,litiun. la parc,,,. t'l l'immol'alit,\ rl.tns le peuplP. Les mômeries d1•, ronfrérÎt'• ùi•p ,rn•·nl, l,•s jours "" fNc en e,rè,; furent aholi,, et ainsi fur<'nt r,,mpus liit'11 ,., Ill, p ,r ll·-qucb le ù1•-potbme de l\ome sur Ir~ llmes ,,-.tait dès Ju111;I nq,s d,•urlu <'t alfcrrni. Enfin !'Empereur ~e décida à supprimer les cou- \1'11 .. i1Jntilc:--. • ~L1broutre Jo,cph li Ir cler;:é fanatisa el>ouleya le pruple. Ainsi, tandis qu·,·11 !'rance c'c,t un ,ou\'erain qui arnit manqué au peuple, en Allemagne c·c-1 1111 p••uplc qui manquait au souwrain. :o-ile roi clr Prusse Fr( !cric Il et l'cmprreur d',\llemag-ne Joseph li a,·airnt ét(• ,les réacteurs, sïls avaient été à contre-sens cles mounrnents du ,i/•cJ,, cl ,111progrès de, lumières, ~ïls ai aient tenté d'acrgral'Cr l'intolérance rPligi,•uso ,lu pas;é cl les oppressions f1'0.Ja)c,, s'il~ arnient ,numis 1,,, piysin, il r,-x- (lloitation ac,;:ra,ée des nobles et Ir, 1i.'n,eur, à IJ dbripli11e i-touffanlc rles pr,·ln·,, il e,t douteux que L\llcma::mr, disloquée et incertaine, eùl répondu par 1111 e!Tort rél'olulionnairc it cc rriloublement rl'oppression. 1Jais d11moin,, c'e,t en terin~, n,•ts et décisifs que le problèmr sr fùt 1,0,1 1 au, peuples allemand,. ou ils devaient sombrer dan, la ,en it111l~cl dans la nuit, ou ils devaient se coaliser dans un i111men,r et tragique effort pour secouer à la fob, comme la France réYolutionnaire, l'arbitraire royal, l'oppression féo,lale, le fl!',poti-me clérical. :llais YOici que FréJt-ric Il et Jo,eph li employaient au co111raireles forces mêmes rle leur absolutisme à accroitre la 1ie mvrlcrne de leur, î.tats, la richesse, la pensée. El ,rautre part, si les ,ouYerains aYaienl su lire ju:-r1u·au fond de l'.imc allem.rnde les oh,cures pensées d'avenir, s'ils avaient interprété dans le sen, le plus hardi et le plus vaslr les patriotiques espérances des Klopstock et de, J!Pnl,•r, J,·urs aspirations puissantes et ngues à la plénilu•le de la 1ie nationale, cl s'ils a1aient tenté de réal ber, d'accor.J aYec les plus hauts e.,prit;,, une Allemagne moderne, libre et une, alors aus,i un mouvrment révolutionnaire al!Pmand aurait pu se pro.luire contre toutes les puissances de morcellement, d'e,ploitalion etde ténèbres qui emp~chaicntl'e:'sor d'un ~rand peuple, contre les princes qui se partageaient la sou I eraineté de la pairie démembrée, contre toutP la hiérarchie féodale qui, sou, la couverture de ces principats multiples, laY,1uesou eccl(•sia,tiques, extorquait les richesses el étoulîail le tra,·ail. Alors uu grand souverain audacieux aurait convoqué les l'.:oalsGénéraux de toute la nation allemande. De ce Reichstag, qui n'était qu·une représentation oligar, hi,1ne Pl dérisoire de l'Allemignc féodale el morcelée, il aurait fait la repri·-cntalion populaire de l'..\llem-igne aspirant il l'unité. Il y aurait appelé ce, cla"c:;moyennes, co tiers étal dont Justus Mœser regrettait l'effacement; il l'aurait renforcé des paysans d'Allemagne libérés des corvées et des rede- ,ance, ]Jar un décret impt'l-i11 el national. El appuyé s:ir ces forces à demi suscitte,- par lui, il aura't réali:,é, au profil ùu sou1e1ai11 el au profit ùe la

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