4ï0 JIJ,;'l'Olf\E SOCJALJSTE ada1>lalionsqui perrucllrnl à Ja vie 110ll\ elle de s·accommoder des fo1·mesanciennes. Et il ne propose à la jeunesse qui !"écoute en ces jours ardents qu·animent les premier:; feux de la Ilévolution française, aucun bul immédiat, aucun effort prochain. On dirait qu'elle n'a qu'à se laisser porter doucement au cours d"trn grand fleuve . • t:n ciel serein rit aujourd'hui au-dessus des forêts de la Germanie, que la main robusle de l'homme a déchirées el ouvertes aux rayons du soleil, el les , igncs de !"Asie se reflètent dans les ondes du Rhin. Sur ses bords s'élèvent drs cilés populeuses qui, dans une allègre activité, retentissent du bruit du plaisir et du travail. Nous y trouvons l'homme en paisible possession de ce quïl a acquis, en sùrelé parmi des millions de ses semblables, lui à qui jadis un seul voisin ravissait le sommeil. L'égalité quïl a perdue en entrant dans la société, il l'a regagnre par de sages lois. li a échappé à l'aveugle contrainte du hasard el de la nécessité pour se refugier sous l'empire plus doux des contrais el il a sacrifié la liber lé de la bêle de proie pour s'assurer la liuerlé plus noble de l'homme. Ses soins se sont distribués, son activité s'est partagée d"une manière salutaire. Maintenant le besoin impérieux ne l'enchatne plus à la charrue; l'ennemi ne l'appelle plus de la charrue au champ de bataille pour défendre sa 'patrie el son foyer. Par le bras clu cultivateur il remplit son grenier, par les armes du guerrier il protège son domaine. La loi veille sur sa propriété, el il garde le droit inappréciable de choisir luimême ,on devoir. • • Combien de créations de l'art, combien de proliges de l'industrie, quelles lumières dans Lous les domaines de la science, depuis que l'homme ne consume plus sans profit ses forces dans la triste défense de sa personne, depuis qu'il dépend de lui de transiger avec la nécessilé, à laquelle il ne doit jamais se soustraire entièrement; depuis qu'il a conquis le précieux privilège de disposer librement de son aptitude el de suivre l'appel de son génie! Quelle vil'e actilité partout depuis que la multiplication des désirs a donné de nouvelles ailes à l'esprit d'iul'enlion et ouvert de nouveaux espaces à l'industrie! Les barrières qui isolaient les États el les nations dans un hostile égoïsme sont rompues. Toutes les tètes pensantes sont unies maintenant par un lien cosmopolitique, et désormais l'esprit d'un Galilée et d'un Erasme modernes pei.l s'éclairer de toutes les lumières de notre siècle. » C'est un hymne splendide à Ja·hourgcoisie, à la grande civilisation bourgeoise, à la sécurité, à ractivilé productrice, à la division du lral'ail et des fonctions, à la liberté de rinduslrie, à l'élargissement des marchés el des esprits, à l'universel échange des marchandises el des idées. Schiller a une conscience lrès nette de ce mouvement; et c'est bien à la classe bourgeoise, c'est bien au tiers état qu'il rail explicitement honneur de tout cet admirable progrès de la civilisation. « Jt fallait que des villes s'élevassent en Italie et en Altemag11e, qu'ellei
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