3î2 JllSTOTHE SOCI.\LIS'l'E plots, dt'jouer lem, intrigues; il faut les démasquer el les réprimer dans nos camps, clans no;: sert ion;:. à nos municipalités, nos directoires, nos tribunaux, dans la Convrnlion nationale elle-même. Comment ?J parrenir si les amis de la patrie 11r .,,,11t1·11de1p1ats, sïls ne téunissent leurs efforts! lis penwnt tou.ç qu'on 1,, Ill triompher de, mafreillant., sans s·en défaire. Soit, je suis prêt â p,·endr1•IN voiN jugée.<effic11cespar les dr'fenseurs du peuple: je dois mar• r!ter au,· 1•11.r. « Amour ,acré de la patrie, je l'ai consacré mes veilles, mon repos, mes jour::. Loules les facultés de mon être; je l'immole aujourd'hui mes préventions, mes rcsscntime11ts, mes haines. A la vue des allenlals des ennemis de la liberté, à la rne de leurs outrages contre ses enfants, j'élouITerai, s'il se prul, dans mon sein, les mouvements d'indignation qui s'y éléveronl; j'en trndrai, sans me livrer à la furrur, le récildu massacre des vieillards el des enfants égorgés par de lâches assassins; je ser,1i témoin des menées des traitres à la patrie, sans appeler sur leurs lêles criminelles. le glaive des vengeances populaires. « Divi11iti' des cimes pur,,,, p,·ète-moi des fore,•, pour accomplir mon vrp11 ! Jamais J'amour-pi-opre ou l'obstination ne s'opposera chez moi aux mNures que prr.,cl'it la sagesse: fais-moi triompher des impulsi<,n, du senti· ment, 1•1 ,i les ti·m1spo1·t, c[,, l'indignation doivent, un jour, me jeter lto,·s des borne., et compromel/re Ir salut public, que j'expire de douleur avant de comme/Ire cettr· faute!• Ce que vaudra ce vœu cle 1larat el combien de temps il y sera fidèle, on le devine rien qu·aux imprécations qui s'y mêlent. i\lais enfin ses amis, ceux qu'il appelle lui-même les défenseurs dela liberté, oiJtiennenl de lui, à ce mo• ment, qu'il renonce à Louleprovocation au meurtre, qu'il abandonne celle idée d'une dictature de sang qui élail jusque-là tout son programme. Marat, à celle date, n'a plus confiance en lui-même, en ses conceptions el en ses méthodes. li s'épou vanle des suspicions qui grandissent autour de lui. Il se demande si, avec sa manie de tribunat militaire ou de triumvirs, il n'a pas fourni à la Gironde le prétexte souhaité à la terrible accusation de dictature el de lrium, iral portée contre Hobespierrr, Danton, el lui-même. El il était perdu si la Gironde avait eu assez de sagesse el de hauteur d'esprit pour le laisser se déballre en ces contradictions el ces désaveu,, si elle avail eu assez de désintéressement pour ne pas tenter d'expioiler contre toute une partie de la Révolution, contre la démocratie robespierriste, contre Paris, contre Dan• Lon, l'horreur qu'inspirait Marat. Mais la Gironde, en celle première période décisive de la Convention, ne songea qu'à écraser ses rivaux. Ji lui était facile de grouper à peu près toutes les forces, de hâler Je jugement du roi, de préparer, par l'accord de Lous les révolutionnaires, une Constitution démocratique el populaire où la force du pouvoir serait vraiment l'instrument de la volonté nationale. li lui étail facile de donner aux armées l'impulsion
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