3ü8 IIJSTOII\E SOCI.\LISTE chaine,: c·e,l la haule ('OnscienC(' qu·a Saint-Jusl des périls de loul ordre ùont la Jlé\'Ohtlion r,t menacée si elle n'csl pas unie, si elle n'a pas une marche décifltie rl ,-i~oureu~i~. 11ui. i, cèttc date. il n'y a\'ail encore aucune difficulté irrémédiable, aucun danger mortel. :-Sile~ embarras naissant, des finance,, ni le déséquilibre économi,pic g,-andi,sant, ni les con,piralion, royalistes, ni les men{·cs cléricales, ne pou\'aienl bri,er ou ébranler la force ré1olulionnaire, ~i elle ne se divisait point contre ('11e-mème. ~lais, dè, les premiers jours d,, la Convention, 0clalail un furieux espril de faclion. C'est la Gironde qui a la rPsponsabililé de ces lulles forcenées. Elle pouYait ai,émenl jouer 1111 grand rôle d'union cl d'aclion. Dans l'ensemble du pays clic élail 1iclorkuse. La majorité de la Convention lui élail dévouée. c·rsl il -es hommes que Loul d'abord elle confie le bureau de J'As,cmbléc, la présidence, le srcrélarial. Les succès mêmes remportés au dchor,, en septembre, octobre et nove~- bre, semblaient la jnslillcation de sa politique belliqueuse d ajoutai en Là sa force. Si elle n'avait pa, abusé misérablement cle sa pui,,ance et de son crédU, si elle s'était rapprochée de Danton, si <'lieavait l'ail une juste place dans les grande, Commissions, surtout dans la Commission de Con,titulion, aux élus de Pari; el aux ckmocrales robe:;piPrri:;Lc:;, ('lie aurait peu il peu éteinl Ioule:; le, haines, amorti IP, tristes sou,enirs de septembre et donné à la Hévolution un incompara!Jle élan. A cc moment, les ad,·crsaires de la Gironde n'étaient redonlahles pour elle que si elle les persécutait. Hohespien·e n'était pas en cri•clil. Son union étroite avec la Cormnune de Paris, dont les allures dictatoriales avaient effrai é ou offensé même les démocrates d'exlrêmegauchc. le renùail presque suspect il l'imm<'nsc majorité de la Convention. De plus, les suce/':; éclatants el enivrants des armées républicaines semblaient un démenti il ses prévisions sombre,, unC'condamnation de sa politique de paix. En ces heures d'éblouissement, la Gironde pou l'ail ùire : C'est la guerre voulue par nous qui a débarrassé la France de la royauté traitresse el porté la force de la liberté chez les Jl('Uples ,·oisins. nobespierre élail donc réduit it la détensiYe; el seules, les fautes de ses ennemis pouvaient le tirer de ce pas difficile, le ramener au premier plan de la Hévolution. )larat était, à la ConHnlion, l'ohjcl d'une ,orle de répulsion générale. Dauùol, qui avail l'esprit large el c1uin'aimait poinl les Girondin;, éc1·il dans ses notes : • Le nom de )laral el le souvenir de sa personne m'in,pirenl un tel dcgoO.t que j'ai évité rl'en parler. D'ailleurs, les uns le regardaient comme un insensé, les autres le méprisaient, Lous le rejetaient de leur patronage. > Garat, qui affecte dans ~es ).lé moires une ;orle d'équilibre entre la Gironde el la Montagne, parle de 11aral aYec une violence déclamatoire: • Là, je vo)ais s'agiter a,ec le plus de tumulte, un homme à qui sa face cou,erlc d'un jaune cuivré donnait l'air de sortir des cavernes san-
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