Jean Jaurès - La Convention I

IIJSTOlllE SOCIALISTE 1la,·anl.1!!e.011tarira le co111rnerc,,rie, !(l'ai11s: le peuple aura d,•:; troupeau, pour se nourrir t'l sr ,êtir: nou~ comrn,'rcernns de nos cuirs cl de nos laine,. Il y a ln'nle allS, la ,iancle cuùtail '1sou, la livre; !e drap, 10 livrrs; le; soulier,. ~,osou,: le Iain, J sou; Il'' IJùturag,·s n'étaie11LpoinL défrichés; ils l'ont d<'•drpuis, Pl J>Ourne poinl prendre l'instant de celle crise passagère pour r,emple, en 1,8,, le drap ,alail 20 livre,;, la viande 8 sous, le, suulier.,::; et 1;l1Hes. le pain ~ sous et demi. Qu·avons-nuus gagné à défricher les landes el les collines·! :'ious avons port,, notre argent en llollande el en Angleterre, d'où nou~ aYons tiré nos cuirs: nous avons vendu nos grain,; r,our nous vêtir, 11ous11·.1yo1htra,aillé que pour l'Europe ... « \'oilà notre situation : nous sommes 1iauvre, comme les E,pagno\; par r.,bondance clr l'or ou du signe, el la rareté des denrées en circulation. :\uus 11·al'011psiu, ni trouprau,, ni laine,, ni inllu,Lrir dans le commerce. Les yn1s iiulustrint.r suut diat., les a,·Jnh•s 1•t nous Jte /,·o/iquoas qtt'aVf'c lt> trls(n' public, 1•n so,·1,~ fJlll' 1wn, tournons ,.;ur nou,-nu 1n1es et comnœr!·ons sans in/1;,.h. • Si j,, 11P,11r t,·ompe, ce qui Nwt aujourd'fwi u11 leu, en supposa11t que ,wus ne cl1a11yio11,JJt1sdt· ·"f'tème, t·audra JO /il'res dan, huit moi<. il sera (ah,·iqu,: envù·,m pour 200 OOU 000 d'espi:c,,s; lP sig111'rrprésnllati( de tous lrs hif'Jb dt•., th,liy,·1;s sera rn h,lis.~ion: un 1•f>nlplnt'P1'a [arl'lr;rt; dPs ilnJH.it., pa,· d,,s él11i,,io11s 1{'11s,ig,wts, el le capital dr, i11tpôts .,el'lt Pll circ11latio1u1vrc le sigw' l'P/)1'1'sent11li(dP /'arr;,:,.,:, Le peup/r, a/or.< yi'mira sous le portique dPs ti'r1islotur1•s; la 1,1ish-esédilieusr ébranlera 1;1>< loi<, le., rentes /i.ns Sl'l'ont ,·1'- dui/1•, ,; rien; l'J:'tal 111h1u•ne trouara plas dl' rrs.<(Jlll'CPSdm,:; ltt c,·htliondes rn1m1wif,, : elle., sero1tt 111,tt,,s.l\·ous 11rpow·,·011s pas !,r,11orr1/,/1•mr11pt ayer llfJScle/le., avrc ers 1,wn1111ies"n' t·r,/eur. Alors quel!" ,,,m uotre r.~pim11c1,t La l!JPa,uliP .,·orlu-a t'"ll.(Jt;,, t•l 1.:ir·trn·ieu:,wdPs ,;1ne11lt·spopulairrs. >) Ccel le discours le plus pesshii;Le qui ait été prononcé il la Convention, et cell1• sombre prophétie s·accompliru dans la période où re,trême discrédit de l'as-ignal. la misl•rr générale el l'anarchie prépareront la voie à la dictature militaire. Saint-Just force le::;couleurs sans doute il des3ein, pour a,•erlir iL Lemps le 1iay,. 11ai,;quel esl Ir remède? li ~rmblr Jiien que le plus efficace serait d"arr,'Ler la guerre le plus, ile possibll' puisque c'est elle qui dévore les res~ources d1• la Hé,olution. Saint Ju~t n·ose pas le demander, ou plutôt il n·ose pas esµ(•rer le retour prochain de lapai\. Il sait, au co,rtraire, el il dit que les nations comm<'rtantes n·aucndenl, ,•lie, aussi, qu·une occasion favorable pour entrer 1·11ligne ronlrl' num,. 11ab il 1•,-lcertain qu'il désire qu'un pou1oir rérnluüonnaire, vigilant et fort, ,oil en étal de nt'gocier el de mellre un tenue à la guerre clonl l\ohespierre, à l'origine, ne ioulait pas. En allendant, il faut d'abord que la guerre ardve à ,e nourrir elle-mêmr. • Si ,o, arrnée, conqnièreut la liberté pour les peuples, il n'est point

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