11ISTOIRE SOCL\L1ST8 " On dil que les journées de l'artisan augmenlenl en proportion du prix des denr{·es, mais ,i l'arli,an n·a point d'ouvrage, qui paiera son oisiveté? fi!/ ,1 f/,,n, J'af'i, 1111 rnutour <ecrel.Q11Pfont mainLenant tant d'lwmmesqui i•icairnt dr, habitude., du 1·iche:>La mish·e a fait 11ai'trela f'évolulion, la ,ni,i,·e p,•11/la dt'tr11ire. il .,agit dr, saroir si une mulLiLude qui vivail, il!/ a pPII de /flll/J'. des supn'(luitis, du lti:rr, des vices d'une autre classe, peut t·ilw de la ,implr coNélatitm de ses br.,oim parliculùn. Celle situation est très dangereu,;e; car si l'on 1i'y g.,gne que pour ses besoins, la classe comrne..çante n'y peul point gagner pour ses engagements, ou le commerce, élanl pnfln réduit à la mesure de ses modiques besoins, cloil bientôt périr par le change. Ce système ruineux s'établira clans tout l'empire. Que ferons-nous de nos vaisseaux? Le commerce d'économie a pris son assielle clans l'univers; nous ne l'enlèYerons point aux Hollandais, au, Anglais, aux autres peuples. D'ailleurs, n·ayanl plus ni denrées à exposer, ni signe respectable chez l'étranger, nous serions enfin réduits à renoncer à tout commerce. « J\'ousne nous sommP.<pas nicore demandé quel est no/rP but et quel.,·ystème de commerce 1w11., voufu>i~nous (n1yer. Je ne crois pas que votre inlention soiLde vivre comme les Scytrs et les Jndims . .Yo, climats et nos humeurs ne sont pro;)J'esni à la paresse ni ,1 la viPpastoralr·, Pt cepPndant nous ma,·- chons, sans 11011esn apucevoir, vers wu de pareille. « ... Le laboureur, qui ne veut point mettre de papier dans son trésor, vend à regret ses grains. Dans toul aulre commerce, il faut vendre pour vivre de ses produits. Le laboureur, au contraire, n'achète rien : ses besoins ne sont pas dans le commerce. Celle classe étail accoutumée il thésauriser Lous les ans en espèces une partie du prodnil de la terre; aujourd'hui, elle préfère de conserver ses grains à amasser du papier. li résulle de là que le signe de l'État ne peul point se mesurer avec la partie la plus considérable des produits de la terre qui sonl cachés, parce que le laboureur n'en a pas besoin et ne met guère dans le commerce que la portion des produits nécessaires pour acquitter ses fermages. « Quelqu'un ici s'est plaint du luxe des laboureurs. Je ne décide pas si le (11:rest bon en lui-mèi,ie; mais si nous étions asse;; heureux pou,· que le laboureur aimdt le luxe, il (audl'ail bien qu'il vendît sun blé pour acheter les super/luitl,. IL FAUDRA DU LUXE DANS YOTHE RÉPUBLIQUE O!t des lois violentes contre le labourew· qui perdronl la 1/épublique. « ... li faut donc que le législateur fasse en sorte que le laboureur dépense ou ne répugne point à amasser le papier; que tous les produits de la terre soii>nl dans le commerce et balancent le signe. JI faut équipoller les signes, les produits, les besoins : yoilà le secret de l'adminislralion économique ... L'empire e~Lébranlé jusque dans ses fondements; la guerre a détruit les troupeaux; le partage et le défrichement des communes achèvera leur ruine; el nous n'aurons bientôt ni vins, ni viandes, ni toisons. Il est à
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