Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIIIE so1:1\Ll,:i'l'lè Comme on ,oil, 1,, pr ,jl'l ,ourni,; i, la Conl'enlion 11e ré!{lemeulail null,•- 11enl 1,• pri, dt·:- c::rain,. Il t'earhil, an conli·airc, Loule taxaliu11. Il a,surait la libre cireulation ,IP, 1,1,·,,: ,nai, les pro1>riélaires. les fermiers élaiP11l lrnus de dl'tlan\r ]a quantité dl' grain::; qu'ils a, aieol dans IP grenier ou dam•la grange. l'l il, ,-tail'nt 1e1111as11s:;i c1·c11 porter une quantité dl'l<•rminée i1 un marchi'· ch i-i par ,,u,, sur !il r,·11ui:;itio11.dela munici1ialitè. La loi 11cfi,ait donc 11i Ir,,,.;_,, qui restait dl'lt'riuiné par la libre concurrrnce. 11ile liPU de la ce11tr, qu • lt• l'endenr choi,i,;ail lil1rem,•11l.}lai, c'e,l lr n10mr1tt dr la 1:Pnte que la loi donnait au, 1~111t1icipalilél,e; droit ,le délNmioer. c·e,l dt"jà une limitaLio11Iris t'-lroite de la lilH•rté commerciale, qui 11e peul s'e\l'rcer vraimrnl qnt! :;i elle dispo:;c de la durée. lne upi'ralion commerciale, rlo:1l une puis,a:ice suµérieure à celle du ,e1Hleur ùderrnine l'heure ma:gré lui, n·e,t guèr,· plus, malgré l'apparence dt' cu11currence qui subsi.;Le encan•, que l'11ccomplissemenl 1;églé<l'une fonction sociale. -~u nom dr la liberté du commerce, de.; pria<"ipc-; de Turgot et d'Adam Smith, le député Féraud protesta, C'était la lutte entre les économistes el le:; int,•r\'enlionni,tes qui se rouvrait. 8elîro)', député de l'Aisne, soutiut au contraire que la liberté illimitée du commerce pouvait conduire, dan:; l'état présent des relations sociale,, à de monslrueu~ accaparements. " ~ïe,t-ce pas éveiller la cu;,idité du grand a,;riculteur, du capitaliste, de l'agioteur, de tous les malveillants enfin, que de I,•ur donn~r, parcelle liberté indrfi,!ie el isolément con:iacrée par une loi principale, les moyPns d'attirer à eux, de tous les territoire,; agricoles, dans de:; maga,i11; :;ecrets el inacces- ,ihles, la denrée de premièrn nécessité? ~·est-ce pas leur don11er tom, 1..,, moyen, de s'engraisser de la substance du peupll', de dépoun·oir un canton, pendant qu'il:; font hausser le prix dans un autre?» La loi de la libre circulation lui parait prématurée: • On s'est lellemeni attaché à vouloir conserver la primauté à celte loi mal placée, que bientôt la totalité de la récolte est deveuue pour le culli,rnteur ou,~ marchant une propricté lelleme11t respectée, que l'o11 n·a pas même osé exercer envers eux le droit raisonnable et ju,le 411e li société s·c;t réservé dans l'acte d'as,;ocia1 ion : de les prfre,· d'une po,·tion de cetU propriété, pour la nécessité p11btiq11P,au mnym d'u11ejuste et préalable i11de11111ilé. ' • ... li ne faut pas, dit-on, ule;ser le droit de propriété ùu cnllivateur; il ne faut point gônel' la liuerté du commerce, D'accorJ; mais l'existencen·estelle donr pa,, ellt·, la premiùe, la plus incontestable, la plus légitime, la pln, f'SSPn/ i1·lle des p,·01itii'tés :> N' Pst-elle pas la seule i,,aliénable? N'est-ce pa, au 1111ti,1tiend1•cellr-là que Lou, les sacrifices doicent prinriµalement concow·ir:' ,, Ain,i, le droit d'expropriation pour cause d'utililé ou tout au rnoins ùc nécessité puliliqnc prend soudain une remarquable eüension. Ainsi le droit a l'existence, le droit i< la ,ie s'affirme sup6rieur à la propriété. EL voici qu'au nom du peuple qui soulJre el dont le dévouement seul

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==