IIIS'l'Oll\E SOCIALISTE quement les habitants de, contn•e~ agricoles payeront de deux millions moins chrr les huile~, les vins et loules les matières dont ils font un usage journalier . .\lor,, les établi~semenls des manufactures n·arracheraient plus des champs les bras ,i précieux à l'agriculture. Ils peupleraient les campagnes déserles, car on n'y vivrait pas plus chèrement que dans les campagnes qui récollrnl les plus riches moisrnns. • C'rst donc un plan très précis, et dont il a étudié le détail, que L'Ange propose à la· Uévolution. Tous les éléments de la pensée fouriériste y apparaissent: le capitali,me ordonné el organisé, le collectivisme, la coopération, la mutualité et le,, garanlirn1e». La combinaison de L'Auge est capitaliste vuisque c'rsl wr la constitution d'un capital-actions de di~-huil cent millions qu'elle repose. Elle est collectiviste, puisque c'est « le pouvoir législatif» qui prend l'initiative de la souscription, puisque c'est lui qui règle la construction sur un µlan uniforme des trente millr greniers et qui donne force légale aux tran~aclions intervenues entre les associations d'approvisionnement el les cul li valeurs. Elle est coopérative cl« garantiste » puisque chacun de ces greniers est librement administré par les cent familles dont il est le centre, et puisque ces trente.six mille associations, outre qu'elles assurent les culLivateurs contre les risques, se garantissent les unes aux autres, par la répartition fraternelle des frais de transport, l'uniformité des prix. A vrai dire, en ces heures tragiques de la fin de ii02 où la nation lullait pour sa liberté et pour sa vie, L"Ange ne pouvait pas !"écarter des combinaisons vitales par lesquelles l'approvisionnement de tous serait assuré. l1ais surtout collectivisme et coopération se pénètrent el se confondent nécessairement, là où la colleclil ilé se régit elle-même démocratiquement, el où la coopération a une extrême ampleur. _Quand la communauté nationale se gouverne elle-même par le suffrage universel, les divers groupes d'intérêts corn pris dans le grand intérêt national sont administrés par des groupes de volontés; et le collectivisrue se diversifie en coopération. Et réciproquement, quaud la coopération se propose, comme dans le système de L'Ange, de régler des intérêts universels communs à tous les citoyens, elle prend la forme d'un organisme national, et à la limite se confond avec la nation elle-même. De là, dans la pensée de L'Ange, celle riche combinaison d"éléments el d'idées que l'on pourrait àppder ou la coopération collectiviste ou le collectivisme coopératif. Mais quel prodigieux élan la démocratie el la llévolution donnent aux es• prils ! C"cst d"un nid ardent el frémissant, secoué aux vents chauds de l'orage, que s'envole11l les pensées et les rêves; et dès l'origine, le grand frisson de la vie collective soulève les prétendues • utopies ». Comment L'Ange aurait-il songé à proposer une émission de un milliard huit cent millions sans les grandes audaces financières de la llèvolulion? Jamais sous l'ancien régime un llnancier n'osa proposer des emprunts de celle envergure. Mais parce que la llévolulion,
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