HISTOIRE SOCIA LISTP, 3-'H La rlémonslralion est fortr. li csl CPrlain que proclamer lP droil de toul homme el priver ensui te du droil politique nne partie des hommes, rrconnallre l'admissibilité rle Lous il tous le~ emplois, el refuser ensuilP l'emploi souverain, celui de nommer lrs législateurs el de faire la loi, it des millions de ciLOyens, c'est une contrarliclion i11Lenahle. La D(•claration des Droits ~e l'homme conrluisaiL néccs,airemenl à la démocratie, el crttr démocratie, L'Angc rauraü voulue la plus large, la plus direct<' possible. c·1•sl le gournrnemenl direct, la législation directe par le peuple 1111ïldé,irait, el il avait indiqu(• déjà, dans un opuscule paru la ,eille de la Révolution, le moyen pratique de constater, dans toutes les questions importantes, la volonté individuelle de Lous les citoyens. Qut>lle colère de voir le peuple privé, non plus seulement de ce droit dirrcl de l(•gislalion, mais du droit de représentation l Et quelle fière revendication de la dignité du pauvre l • Je n'entreprendrai point, dil-il, de peindre la douleur profonde donl celle privation nous affecte : vous en trouverez une illée exprimée dans la pétition illégale des domestiques, qui sut émouvoir les entrailles de l'Assemblée nationale. Ah! si l'on eîll suivi une marche entièrement libre de préjugé; si l'on eOLconsidéré le sainl respect pour la propriété d'autrui que l'homme pauvre manifeste quand il sr di!,•oite à gagnrl' le mpetflu du maitre au prix dP son corps; si l'un eût considéré que le riche coiitracte une dette sacrée cnt·ers Zrpauvte dont it se fait servir, que le titre de criancier relève celui de valet, que le titre de débiteur ravale celiti de maitre, que dans leur convention le mallre el le valel vonl cle pair, el qu·au moral leur ressemblance a passé en proverbe, l'inconséquence, les ironiques persuasions, les subtilités. les sophismes captieux finement expliqués pour adoutir leurs regrets ulcérants n'auraient point obscurci la majesté du peuple français qui brillait d'un pur éclal dans la Déclaration des Droits de l'homme. • Ce ne sonl plus les frivoles impertinences de Fig-aro : c·esl <l'un accent sérieux el profond que L'Ange, consliluanl le valet à l'étal de créancier du maitre, lui assure la primauté. li n'élude point la difficullf, il n'atténue pas le problème. Lui, le peintre, l'artisan abé el évidemment cultivé, il ne sépare pas la cause des artisans pauvres de celle des domestiques, des serviteurs à gages. Pour tous, même pour ceux qui seroblenl dans une condition dépendante el abaissée, il réclame la plénitude du droit : " liais que vois-je? el vos fronts, Messieurs, s'obscurcissent aussi; le sentiment de l'orgueil s'irrile en vous; l'orgueil, toujours injuste. vous peint la condition servile des serviteurs à gages comme trop abjecte pour élre compaLible avec la dignité de citoyen, cl vous applaudissez il la loi qui les chasse, qui les met à la porte de la société, qui les confond avec les animaux domes, tiques irraisonnables. • Hé bien I mes frères, r,'esl pourlanl à ces gens-là que la loi nous assimile, et ce n'est point de celle assimilation-Id que 11otts11011pslaignons. •
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