Jean Jaurès - La Convention I

:JIO HISTOIRE SOCI.\LISTE Avre de tel,; prix. ou môme avec le prix beaucoup plus général de I el :; sols la livre de pain. lonl le $y5Lème ,1conomique aurait éclat,, si les salaire~ n'avaient pas s11i,i une progression it peu près égale. Qu'on se représente en efîel que beaucoup de salariés ne gagnaient même pas 20 $Oils, el que, par ronséquenl, la consommation clr pain d'une seule personne absorhail J.,, trois quart, ou les deux tiers,' ou tout au moins la moitié du salaire accoutumé. Or, ces hauts prix du blé el du pain durèrent plusieurs moi,. 011 peul donc t'lre certain, rr priol'i, qnïl y eut un grand eITorl des salariés pour accronre le prix de la journée d" lrarnil, ~l un vaste mouvenient des salaires. Il y eut néce,sairrmenl it celle date urte des plus prorondes el cles plus génrrales agitations en vue d'un meilln1r ~alaire, qu·cnregistre l'histoire de la classe ouvrière. li y eut nécPssairemenl aussi, au moins dans le taux nominal des salaires, une des pins brusques progressions qui se soient jamais produites. Je le répète, c'élail pour le peuple une nécessité vilale d'un tel ordre qu'on prul Nre assuré d'avance qu'il demanda et obtint un grand relèvement du prix des journées. Pour s11hirpurement el sitnplernenl une telle hausse du blé el du pain et ne pas chercher un salaire compensateur, il aurait fallu que le peuple ouvrier el paysan ftH tombé it re degré de ~<'rvitude léthargique où l'aiguillon nk'me de la faim n·rsl plus ressenti. Or le peuple n'avait jamais été plus vivant, plus ardPnt et plus fier. B l c'est sans surprise que Je note les affirmations précises et 11011 ùémerilies qui établissent le grand mouvement des salaires. C'est la caractéristique sociale de ,.elle période. Féraud, qui combat, il est vrai, tout système de llnalion rl de réglementation des blés, dit, le Hl novembre : • Si li' prix du rratn s'est acrn1, Zr~ .~àlaii'Ps se sont accrus éga,rment; el toutes cbo,es IJien compensées, c'est-à-dire la hausse des grains mise en balance avec l'augmeulalion des salaires, on verra que les cliITérencesne sont sensibles que pour les propriétaires, et point ùu tout pour le consommateur salarié qui nous occupe tout particulièrement dans cet instant. • San, doute, l'affirmation de l•'éraud était trop générale, il donnait comme un fait unilersellement accompli ce qui n'était qu'un résultat partiel cl une tendar.cc générale. Belfroy el lsoré tiennent un autre langage; mais qu'on étudie de près leurs paroles. iletrroy dit : « Lorsque des cultivateurs avides, prolllanl du prétexte ou de Id dévastation partiP.llr d'un canton voisin, ou du rf,'faat de bra.,, quand dei millfrrs d,, ritoynh offreut lrs leur.,,qui nr sont rrfusi's quPparce qu'on ,ir veul point proportionner les .sal11ir,•asu prix rie la denrt'é, lorsque enUn, sous le prétexte du haut prix d<' Jeurs fermages, ces hommes cupide, se coalisent pour porter le hlé à nn tau~ fort supérieur à la faculté des ouvriers, alors lé prb des salaires ne ,c trouvant plus en proportion avec le prix, des comestibles, le

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