Jean Jaurès - La Convention I

IIJSTOJRE SOCIALISTE rcnt it celle cherté parado,ale du blé el du pain dans l'abondance des mois- .sou:>' El tout d'abord l'action de l'assignat est incontestable. A mesure que l'assignat baisse, le p,ix des denrées, quoique d'un mou1ement beaucoup moins rapi,:c, doit hau,;cr. Lecointre allè,c;ue,il est vrai, que la somme des a•signat, émis ne dép,ts,e ~uère la somme du numéraire, augmentée des billet~ de la rais,c tl',•,,.ompte, qui circulait en 1788, et qu'il n'y a donc pas surabondance du ,ignt•. ~l i:; d'abord il n'est nullement démontré que la monnaie de métal a dbparu; elle s'e,t immolJilisée, elle a été réduile peu it peu à une sorte d'inaction monétaire, par la monnaie de papier; mais elle subsiste toujours prêle à agir, el ainsi la quantil6 du signe disponible est doublée. En second lieu, le moul'emcnt d'émission it peu près continu auquel est condammée la Rérolulion, en enlevant aux. assignats toute limile un peL1 stable, se1111Jle leur enlC\'l'r, en effet, Loule limite. On ne sait pas sil n·y aura pas demain une émission noul'ellr, si la valeur de l'assignat ne baissera pas encore et, naturellement, les détenteurs de marchandises se couvrent, par la haus,c- de leurs prix, contre les risques de dépréciation que l'assignat reçu par eu, en paiement aurn à courir. De là, une tension fébrile et mala<li1·e des cour,. De lù, dans tout l'édiUcc économique, fondé sur des prévi~ions et des crnintc;, je ne sais quoi de factice et d'inquiétant. El précisèment p 1rce que le blé est une denrée de première nécessité, précisément parce que celle denrée n'est pas e,posée, comme les objets de luxe, aux vicissitudes des mod~s ou aux rél'olution, des rapports sociaux, son prix s'élève en proportion mème C:e ~a solidilë. Le blé e,t comme une valeur de premier orJre el de tout repos, à échan~cr contre tics valeurs incertaines et dont la limite de décrois,ance n'est pas contuc. Quoi d'étonnant que les' propriétaires resserrenl leur m.rchandbe ou ne ln lil'rcnl qu·à très haut prix! ~lais voici q11esur ce marché déjà instable les achats de guerre exercent encore une action perturbatrice. La France se trouve soudain à l'ôtatde nalion armce; clic lutte contre la coalition partielle des despotes; elle s'organi-e pour résister à leur co,lition générale. Sept cent mi!le soitlats sont sous le:; armes : un chilîre qui même au lemp:; des plus grande; guerres de Louis .\'.I\' Ill' rut ja·11ais alleint; el il est sûr que ce n'est qu'un commencement. une prc111it•r~muhili,alion. Ou si cela n'est pas sûr en~ore, du moins cela est proùable: hicntôt, ,ans doutr, toute la force vali<lc du I ays ,cra dans h•s armec,. De lit, au poi11tde \'UC des prix des denrées, deu, con,équenccs, D'aùo,·d, les cullirnteurs, les propriétaires fonciers se demandent s'il; ne seront 1>as exposés il manquer <le bras. Déjit lluland tians ses rapports con,tate que, dans la ré 0 iu11 du Xord, le Lra,ail des semailles a été contrarié non seulemeut par le; pluies de l'automne, mais par le manque de IJra~. • En padant d'agriculture, dil lloland, le 9 janvier, Je dois exposer à la

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==