Jean Jaurès - La Convention I

JIISTOIHE SOCIALISTE rèdc à l'entrainement rie, paroles illimitées et éclata11Lcs; mais quelle grandrur! « D(•jà, dit-il aux Savoisiens, la nation avait décrété l"unil6 physique et morale de nos divers territoires; nous venons de lui obéir, el ce ne sera pas le dernier hon1111<1qguee la Convention se glorifiera de rendre aux institutions lle la nation. " lians celle clwtr nécessaire et p,·ochainP dr tous les 1·oisensevelis som leu,·., trône.,, le ,r,111 trône qui ,·estera sera celui de la Liberté, assise sur le .llo11t-Blanc,d'où cette souveraine du monde. /iûsant l'appel des nations à nat'tre, étendra ses nwins triomphales sw· l'univers. » Ce~mains triomphales de Ja liberté me font peur: mains de libération et mains de proie. }lais de quel point de vue sublime la Ré1ol11lio11rtgar,.c maintenant le monde! C'est elle qui Col au pur sommet neigeux des Alpe,. c·e,t il elle que la Yiergc lumière des gl;icicrs fait une auréole. C'est elle qui apparaît aux homme:; comme une candide cl ardente clarté. c·cst elle qui complr rle haut les multitudes morcelées cl escla1es cl qui, dominant les horizon, à demi 1oilés de l'Jlalie el de l'Allemagne « appelle les nations encore à uaîlre :o. Jamab la Home anlicj11en·cul de ces visi0ns, el ses sept collines pauvrement dominatrices ,ont humiliées par les Alpes colossales dont la cime s·a1l11mr ,rune aul,e universelle de l\holulion et de liberté. Ce n est pas ~eulcmenl dans le langage de la politique, c·esl aussi dans le langage de la ,cience, que la l\é1 olulion faisait pénétrer soudain, en ces premiers jours de la ConYention si lumineu, cl si va,Les, je ne ,ais quelle Ulf - gnifiqu" ampleur humaine. La science e,l 11at11rellemenlrépublicaine; car ce ne sont pas les ùécret:; arbitraires de 1olonlés particulières el contraignantes qu'ellP constate dans l'unher,, mais dr, lois générales el imp,,rsonnclles qui s·appliqurnl à tous les éléments, à tous les êtres, à toutes le, forces; et la HépulJlique n·est que celle impcr,onnalité de la loi, transportée ùe l'ordre de lu nature dans l'ordre de la liberté. La science est, en outre, unil'ersellr; ses constatations, ses découvertes, ses rlémon,lrations vaknl pour Lous les Jl<'Uples el pour Lous les hommes. La RéYolulion arnil compris cc lien de la science cl de runiversclle liuerté. ,\u grand géomètre Lagrange elle avait confié un mandat de député suppléant à la Colllcnlion. C'est le.grand savant Fourcroy qui remplacera )larat. L'autorité inlcllectuellc de Condorcet est grande à la Co11Ycnlion. :-iombreux rnnl, dans l'.\,,emhlée, les hommes instruits, tant p~nélrés de ferveur pour la ~CiPnre, Lakanal, llommc dont Raudol a dit quïl amil « Loule la philosophie rle Conrlorcel, a,ec un caractère bien aulremenL prononrû »; d'autres re,tés obsrnr,, comme Rounier dont la « pui,sance de rai,01111c•menl » était admirable; Gnyton )lornau « qui avait des idées sur la népulJlique, sai11es, étcnrlues, lumineuses et accompagnées d'un savoir profond. •

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