Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCIALISTE 207 naissante des esprits el l'exallalion des espérances. • Depuis la Révolution, s'écria Grégoire, les trois Assemblées ont reçu de, Anglais el presque des seuls Anglais, des lettres et des adresses dictées par l'esprit de fraternité, l'amour des hommes et la haine des tyrans; c'est un présage qu'elle est prochaine, l"époque où les deux peuples anglais et français s'uniront par des liens indissolubl~s ... Que le cri de l'amitié retenti:;se des riycs de la Seine à celles de la Tamise' "Cette fois encore, la Conl'enlion ordonna la iraduction de l'adresse, el son en,oi aux départements et aux armées. Le jeudi 22 novembre, communication fut donnée à la Convention d"une adresse des citoyens de Sheliield, qui est de la plus haute importance. Elle émanait en effet d'une grande ,•ille industrielle où manufacturiers et ouvrier, él~ienl unis pour demander une extension des droits du peuple et des garanties plus st1res de liberté. Ils retracent d'abord, avec un sens très exact et très précis de tous les é,énemenls de la Révolution, leurs angoisses depuis l'origine, cl leur joie de voir la Révolution triompher au dehors comme au • dedans de ses ennemis, éluder les pièges des traîlres et des prétendus amis. Ils flétrissent le matamore 13runswick et le crime de l'inva,ion. lis afllrment que les libellistes à gages, « ceu, qui wndraient leur librrlé et celle de tous les hommes à la puisrnnce qui les payerait le mieux •• n'ont pas 1·éussi à corrompre entièrement l'opinion de l'Angleterre, el que notamment la défaite de l'envahisseur, dont ces menteurs stipendiés avaient annoncé le ,uccès foudroyant, les avait cliscréùités dans l'opinion du peuple anglais. lis annoncent à mots couverts qu'ils s'engageront peut-être un jour eux-mômes dans une action rérnlue pour la liberté. En attendant, ils promettent le maintien de la neutralité de J".\nglclerre, et, si par malheur elle était rompue, la plus vigoureme résistnnce. • Si nous étions actuellement engagés dans la mème cause, au lieu de ! 'être ,'venluellemenl, nous ne pourrions Nrc pins ardents el plus sincères dans nos souhaits pour votre bonheur. • Yous avez déjà la promesse de notre Cour qu"elle gardera la plus exacte neutralité tant que durera la guerre à laquelle \'OUS avez été si injustement forcés. Nous nous flattons que vous pouvez entièrement compter sur ces assurances, parce que nous ne voyons pas sous quel prétexte, pour quelles raisons elle peut ou elle pourrait entrer dans une ligue aussi détestable, el se mèler du gouvernement intérieur d'une nation indépendante. Vous ave;; eu cPpmda11t et tout récemment des preuves trop ,·éilb-ées el trop posiüves du pwjure dPS ,·ais, de la duplicité el de rinlrigue des f,n-oris qui les environnn1t, 7io11rmettre trop de confiance dans leurs promesses, Ott pow· être surpris quand ils y manquent ... « La foi qu'ont engagée nos directeurs est celle de la nation cl nous espérons, nous sommes bien persuadés qu'ils n"osent pas badiner avec elle. Cependant, comme nous ne pouvons pas répondre d'événements qui ne dépen-

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