Jean Jaurès - La Convention I

198 ll!STOTRI~ SOCIALISTE prises par lui des impôts dr g11errP; c'était, disait-il, pour les punir ou mieux pour punir leurs dirigeants de l'accueil fait am émigrés. lü seuls, les dirigeants, seuls les magistrats devaient porter le poids de l'impôt; mais comment Custine pouvait-il s'assurer qu'ils ne le faisaient pas retomber sur le peupl<'? De Worms, par e,emple, l'armée emportait « une contribution de 1.21'0,000liHes en numéraire, dont 600.000 livres à la , ille à cause de l'accueil fait au, tmigré,, 400,000 livre, à l'é1•êquecl 200,000 livres aux chanoines;• el Custine adressait une proclamation aux habilanl, pour bien préciser sa politique: • Les contributions que j'ai été obligé d'exiger de votre ville ont été imposées pour faire retomber les dépenses de la guerresnr les ennemis de notre librrté, sur ces hommes qui se sont ouvertement déclarés en faveur des émigré,, ces traitres qui ont préféré de provoquer tous les despotes de l'Empire à attaquer notre Constitution, au beau litre de citoyen, le seul dont les Français 1eulenl se parer aujourd'hui. « ... La guerre que nous fai•ons aujourd'hui, bien différente de celles qui ont rn lieu ju-quïci, n'est dirigée que contre ces usurpateur. de pou1oir,, el non conlre les peuj1les. « Yos magistrats sont les seuls qui doil'ent porter la contribution qui a été imposée pour votre 1ille; telle est l'intention des représentants de la nation française. S'il en était autrement, cette injustice de la part de vos mag-istrats ajouterait encore à la prévarication dont ils se sont rendus coupable, 1ar la protection qu'ils ont accordée à nos émigrés. « Guerre aux palais des usurpateurs; pai,c aux c/ia11mières, aux ho11mœsjustes; voilà le manifèste de la nation f'rauçaise. • c·esl, je crois, la première édition du fameu, mol: Guerreaux château 1 , pah aux chaumières. De \\'orms, Custine décida de marcher sur Mayence. JI sentait bien qu'il y avait quelque imprudence à s'engager de plus en plus, avec une faible armée, mais il voulait frapper de, coups d'éclat. li écrit à la Convention pour se couvrir à l'a,ance contre la possibilité d'un échec: • Que je prenne ~layence ou que je ne le prenne pas, croyez que ma conduite sera ce qu'elle aura dù être, celle d'un général citoyen, dont toutes les pcn,ées el tous les sentiments sont consacrés à la délense de la République et à la gloire de ,es armées. • li écrit à son chef Biron : « Celle marche en impose, non seulement à Worms, mais à toute celte partie de l'Allemagne; eJle me met en mesure d'y semer nos décrets el ùes écrits qui prépare, ont la révolution derrière nos ennemis. » Déjà, à la Convention, la griserie commençait: car je note que lecture y est donnée des lettres de Custine annonçrnl la marche sur Mayence avant que celui-ci y soit enl,·é. li s~mblail qu'o11 pouvait dédaigner les précautions

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