Jean Jaurès - La Convention I

lllSTUII\I,; SOClALISl'I,; Savoie olfre sa liberté à la liberté de la France. L'Assemblée termina ses trarnux par une noble el fière adres,e à la Con\'enlion : « \"011; nous a,ez lai,sés les maitres d,• nous donner des lois, nous a\'ons ""i. La nation ,-n·oisienne, après avoir proclamé la déchéance de Yiclor-Arnédce cl de sa po,térité, la proscription (•ternelle des despotes couronné,, s'esl déclarér lihrc el souveraine. c·esl rlu sein de crlle Assemblée qu'e:;l émis le yœu unanime d'èlre réuni à l,l Hépuhlic1ue rrançabe, non par une simple allianc,•, mai- par une union indb,olubl,•. en fo,•manl parlie intégrante de l'Empire franç d,. « L<•rd,lalcurs, ce n·est point 111,e ,l.«r111bllcttrsclaves tre111blr1111ls'àa,- pr·rt de</i•,·s q11ïls viennent dr qui/Ir•,·, r111vious s11111ildier la prendre .,011, i·r,/rt' prolectiru,; c·p,1;/un .'-OlO'Pl'ainar/111ll'cll1•ur dr voli'r r1loirf', dnuandanl â en fai,-e 1',;fléchirwr lui q11r•l'J11rP1,1yo11s. " ~lalgré toul il y a, en ce langae:c g-1·andio;e, rom111eune nua!lce cl'«dulalion. Pour l"ùme d&bile cles hommes toute grande force, même la force clc la liberlé armèt•, devienl 1,ientôt une sorte d'idole. ~lais quel],, puissance el quelle noblrs,c d'émotion, cl quelle ardente rusion de la liberté el de ln gloire! Snt· le l\hin les succès fmenl liien plus superficiels; mais ils éblouirent un moment par leur rapidité. Depuis le 21 septembre, un double rcs~orljetail les troupes en avant. D'abord l'invasion des Prussiens et des Autrichiens avait éle arrêtée, cl crue retraite de l'ennemi permettail à nos soldats de prendre partout l'olfensive. Puis, la Convenlion élail réunie, el on sentait en elle une force d'élan et de volonté qui ,e communiquait au, armées mêmes. C'est Biron, le courtisan brillanl el aventureux connu sou; le nom de Lauzun, qui commandail l'armée du Rhin. Sa honnc humeur et son rourac:e l'avaient fait aimer des sol1lals de la Révolution; mais il élail nouchalanl cl peu porté aux vifs enthousiasme,. PeuL-èlre au,,i rnvail-il que sou, le silence de la grande .\llemagnc immobile s·accnmulaicnl ](,s forets de resislance. Il laissa à son lieulc111nt Custine la re,ponsabililè de l'olft>nsive. Cu,line était un , icil officier noble de la guerre de Sept ans. Il avait 1111 luril'u, dé,i,· de se produire, <lejouer un rôle. Il se jeta en avant, el dès le 30 SC]>lPrnht·ri.l emportait la ville de Spire, après un vif combal des rues. • ~Ion bonheur esl e,tr~me d'a\'Oir vu triompher dans ce jour la cause de la lilwrté, mais ce qui ra infiniment a('cru, c·esl d'avoir pu diriger el calmer la rureur <lu soldat. Quel bonheur pour moi de pouvoir dire que dan~ une ville emportée de vive force, el fusillée dans toutes les rues, il ne s'est pas commis nue seule action dont on ait it rougir! • Il y rut crprndant le lenfiemain quelques pillages, mais que Cu•line réprima v'goureusemenl. 11ne ces•a d•'s lors d'envoyer à la Convention de, Jeures lriomphales où tout était calculé pour le faire valoir. Il n'y a,·ait point dans sa correspondance la 'PiriltJellc fierté et la réserve de Dumourie1., mais un {ITl(lrc,scmenl un peu lourd, un élaluge un peu factice de sentiments ré-

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