194 IIIS'l'OIRE SOCIALISTE ch ile, soil militaire; l'éloc1uencequi remue le cœur du peuple n'esl pour rien dans leur; mesures; s'ils veulent faire quelques proclamalions, elles sonl si entortillées que la masse n·y comprend rien, tout au plus peuvent-ils pa,·ler à une passion. La Co,wenûon pouvait parler à toutes. « ~Ictl •rnich parlera de la gloire de l'anlique Germanie, Mahmoud de la rcli;;io11 de Mahomel, de l'étendard du prophète. Ces senliments peuvent èlre généreux; mais ils s·arréte11Let se croisent sur la roule avant d'arrh·er au cœur. « Nous avior.s donc la tribune, c'est-à-dire le pouvoir de l'éloquence el les baïoonelles au bout. » Au mo:nent où Vergniaud répondailaux messagers de Jemmapes en magnifiques accents cl où son éloquence, comme un éclair qui s·anumerail à an autre éclair, s·enflammail à la victoire, les Conventionnels sentaient sans doute se former en leur âme ce plein orgueil qui, à travers les événements et les désastres, survit en llaudol. En Savoie ce n'esl pas, comme en Delgi!JUe,avec des démonstrations mêlées de rèserrn el d'inquiétude, c'est à plein cœur que l'armée de la nôvolulion fut accueillie. Dè, le 21 septembre, le généra.! Montesquiou, suspect à la Comcution à cause de ses relations politiques avec La Fayette, se hâlait vers le cœur de la Savoie, pour désarmer le soupçon. Le 25 il élail à Chambéry où il élail reçu avec des transports de joie : « La marche de mon armée csl un triomphe; le peuple de,; campagnes, celui des villes accourent au devant de nous; la cocarde tricolore esl arborée partoul; les applaudissements, les cris de joie accompagnent tous nos pas; une députation de Chambéry m'csl venue trouver avant-hier au château des Marches; hier matin j'en suis parti avec 100 chevaux, 8 compagnies de grenadiers et 4 pièces de canon pour me rendre clans celle ,ille. La municipalité m'attendait à la porle en habit de cérémonie pour m'en remellre les clefs. Le chef de la municipalité m'a exprimé les sentiments de respect el d'attachement du peuple de Savoie pour la nation française el, au nom de celte nation généreuse, j'ai promis proleclion, paix et liberté au peuple de Savoie. ( Vifs applaudissements.) Je me suis rendu à la maison commune; j'ai reçu les hommages que les citoyens s·empressaienl de rendre à la nation, et toule la troupe a été invitée à un grand festin qui lui étail préparé. • La Savoie, depuis que grandissail la névolution, inclinail de plus en plus vers la France. Elle était e,ploilée par le Piémont, qui l'obligeait à nourrir une partie de ses troupes, qui lui envoyait el lui imposait des fonclionnaires, qui réglementait dans un cspril étroit el jaloux son industrie. La domination des nobles y était délestée; leurs privilèges, leur refus de se soumellre à la loi commune de l'impôt étaienl particulièrement odieux dans un pay!' pauvre. Les biens d'f:glise, les biens des ordres de Saint-llaurice et de Malte étaient vastes; et les paysans, la bourgeoisie étaient resserrés. Aller à la France,dont
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