Jean Jaurès - La Convention I

l 10 lllSTûll\E SOCIALISTE el la mort de chaque inùilitlu apportera nécess1iremenl une variation qui entrainera la subversion totale de !'Étal; mais il fSL nécessaire (el sans cela point d'égalilt'; el sans égalité point de liberté), il est nécessaire qu'on opère un rapprochement clans les fortunes qui délruise le principe vicieui de la prépondérance d,•s riches sur les pauvres. « li ne doit pas être permis à un citoyen de posséder plus d'une quantité !be d·,,rpent:; de terre, el quoiqu'il doive paratlre singulier peul-fHre de nous ,·oir placer le graµd point de l'instruction publique immédiatement à côté du pariage des terres, nous ne trouvons pas inutile d'observer, en passant, que quand vous aurez détruit à la fois la prépondérance des richesses sur l'indigence, el celle du talent sur l'ignorance, celle prépondérance dangereuse, qui est encore aujourd'hui à peu près de cent sur cent se trouvera diminuée dans respace de cinq à six ans, ùans la proportion de soixante sur cent et ainsi de suite, par succession de temps, jusqu"à une balance dont l'homme industrieux el l'homme éclairé ne pourront jamai8 abuser. « Si Je peuple était assemblé, el ,•ous -ne devez pas oublier que vous n'èlcs que subrogés en son lieu el place, il vous dirait, après avoir consommé celle mesure : jusqu'à ce qu'elle ail eu son etret, il y a des hommes pauvre,, et ils ne doil'enl pas souffrir; car les lois sont cssenliellemenl mauYai,es el renferment un principe destructeur s'il y a dans la république un seul indiYidu mécontent el opprimé; donc jusqu'à rentière opération de ce nivellement de forlunP qui nous unira tous par les mèmes liens, les mêmes besoins nature{$ et /1•s 1,1èmesjouissances, il faut que celui qui n'a pas q ualre cents livres de rr,·cnu net ne paie rien, absolument rien en argent; il acquittera sa dette rn,er, J'Üll par son travail, par sa consommation, par la défense de ses r.. ,."rs, µar le nombre de ses enfants ... Qui subviendra donc aux besoins pulJlics du moment? Les biens des émigrés vous fourniront une partie des besoins que la guerre a mullipliés .., La juslice v6us ordonne encore de lever une contribution extraordinaire sur les ennemis connus de la liberté et de J'égalilé, dont les fortunes el les privilèges sont le plus cher trésor ... • Toul cela e,t bien Yague ou bien grossier. Comment, sous quelle forme, par quelle institution se préparera le nivellement prévu des fortunes? l\lystère, el comme conclusion précise, rien que l'exonération d'impôt pour les mbérables et un emprunt forcé sur quelques catégories de riches suspects. Le journal de C,,rra el le journal de Condorcet s'appliquent plus directement, el non sans véhémence, à critiquer les conceptions de Momoro el la loi a 0 ,·airc. Les .lnnalrs patriotiques disent le 19 septembre: « D,•puis le commencement de la Révolution les aristocrates n'ont cessé <1,; parler de la loi agraire; ce n'est pas qu'ils aient cru qu'elle püt avoir lieu. lh saveol très bien qu'injuste dans son principe elle est impraticable dans l'exécution; mais ce mot leur a paru propre à jeter dans le peuple des semences de crime et de désorJre, ils en ont Caill'épouvantail des proprié-

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