Jean Jaurès - La Convention I

138 IIISTOIRE SOCIALISTE q11 ,,fqu·1111 de ers fl///iqM111, tableaux, et C" son/ surtout ceux qui épai"(;1tr11l au.r au/,·e., fi: 1, •im· d,· re/1(/rela tr1Te f,}condc qui manquent eux-mêmes du pain quï{, ,,111f,iit l"Pnir. • .t 0 ;1,:dr11•.~ m,1lhe1ueux, on voit des riches qui dorment sur le dui·rt, .<ousd,·, /a111bri,dorés; dont la table ,l'est co1we1·teque de primn,rs, do111 1011, {,,, , /ùw11., .<011/ mis à co11/ri!J11tiop1o1ur flatter la sensualité, el qui dé ,,, 11,, 1111·111111 re;ia., la mh.<istanrede cent familles. indignes favorisés de/a furtunr, a sunl 1•10: qui cumma,ule11I aux aut,·es, et que l'un a rendus maùre., d1, drstinies du peuple. » Oui, mai, maintenant que toute celle misère, gisante dans le fumier et couchée dans le désespoir, a été remise debout par la victoire du Dix Aoùl, ne rn-t-elle pas demander enfin sa part des joies de la vie? El s'il est vrai que la Révolution a profité surtout aux • petits propriétaires fonciers », à ceux qui, possédant un petit domaine, !"ont vu affranchir cles redevances ccclé,hstiqucs et féodales, Je moyen d'étendre le !Jienfait de la llé1•ol11tion à tous le, citoycm, et surtout à ces prolétaires agricoles qui font croitre le !Jlè et qui manquent de pain, ne sera il-il point bon de leur assurer à eux aussi une portion de terre? Ainsi les bour,;eois ré,olutionnaires pou1aient suppo,cr que 1~ prolétariat miséra!Jle allait demander une sorte de loi agraire comme salaire du concours donné par lui à la Révolution. Soutenue de plus en plus par )es sans-propriété, ne sera-t-il point lo;;ique qu'elle alJolisse enli11 la propriété? El elle se rnidit contre des conséquences paradoxales et e,trêmes qui brusqurment semblent la tenter. Lorsque, par exemple, les JacolJins, dans la séance du 12 septembre, entendent un féùéré de Lyon dire que • les négociant, de la , ille, ari,iocrales à l'c,rè,, se servent de la troupe pour subjuguer 1,ur, ouniers, cl leur retirent leur ouvrage, de sorte qu'en les mettant dans les e,_trémilés les 11luscruelle,, ils se ré,erYcnt les moyens de les écra,cr au moindre mou1emenl •, lorsque l'orateur demande le retrait des troupes pour que patrons et ouvriers reslent ain,i face à face, lorsque les JacolJins comlalenl que dans les grandes cités industrielles la Révolution sembh! alJoulir à une guerre cle classes, ils s'efforcent, d'autant plus, d"élever au-des,us de la mêlée le droit de propriété. J>,,rfois, quelques-uns semlJlent perdre vied, et tout en défendant dans Je présent le droit de propriété, ils l'abando,menl à demi pour l'avenir. Toujours un peu badaud et pe,ant, Je journal de Prudhomme, étourdi par les cris de la Gironde, prencl au ,érieux les failJles mouvements dout j'ai parlé. li y voit comme un préluJe de g11erre ,ociale, et il prûche au peuple un désintéressement tout proii,oire (n• du i:i au 22 septembre) : • Ce sont ces émi~saires aussi qui, par des menées sourdes habilement conduite;, cherchent à indlsposer les classes indigentes contre les ricl1cô. Si ce moyen perfide venait à réussir, il serait plus expéditif et plus certain que plusieurs armées combinées. Nos ennemis chanteront victoire quand 011 leur

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