Jean Jaurès - La Convention I

4 HIS'l'ülnE SOCIALISTE ses créatures de l'approcher el le garder à vue est le vrai moyen de couper les fils de toutes les trame~ des conlre-rcvolulionnaires. « Mettre à prix par un décrrl les léle, des Capets fugitiCs, traitres el rebelles; six millions rnr chacune serait le \'rai moyen de s'assurer de ces conspirateurs, de faire déserter les régiments ennemis avec armes el bagages, d'épargner la dilapidation des biens nationaux el d'éviter l'effusion du sang des patriotes. Rien de plus efficace que celle mesure pour rendre à !'Etal la liberté, la paix el le bonheur; il y a deux ans que je la propose, loul homme sensé doil en sentir la justesse; el c'esl pour cela même que l'Assemblée l'a constamment repou,sée. Le moment esl venu de la faire enfin décréter. Sollicitez-la à grands cris, amis de la pall'ie, el soyez sO.rsque ce ne sera pas sans succès; car aujourd'hui vos représentants \'Ont quand on les pousse. !Jne autre mesure non moins urgente est de décréter l'ouverture des arsenaux, pour armer sans délai Lous les citoyens amis de la Révolution. C'est au ministre de la guerre à solliciter un décret à ce sujel; nous verrons bientôt s'il est vraiment patriote; car dans un mois il ne doit pas y avoir dans le royaume un seul garde national qui ne soit armé. « c·esl à la Commune à faire armer immédiatement tous les bous citoyens de la capitale, el à les faire exercer au maniement des armes, pour mcllrc Paris en étal de défense contre les coups de désespoir des ennemis, s'ils étaient as,ez osés pour jouer de leur reste. « C'est à elle aussi de hâler la formation du camp au'< portes de Paris el de faire occuper au plus tôt toutes les hauteurs adjacentes, mesures que j'ai proposées il y a plus d'un an. « C'est à elle encore à presser lcjugemenl des traitres détenus à !'Abbaye el à prévenir qu'on n·arrache au glaive de la justice l'état-major des gardes suisses, sons prétexte du danger de se brouiller a1ec les treize cantons, si on refusait de leur remettre ces prisonniers. • C'est à elle à empêcher que le décret qui ordonne la vente des biens des émigrés ne soit dérisoire, en faisant l'endre sans délai ceux qui se trou1enl dans la capilale, le Palais Bourbon cl tous les hôtel, qu'ils ont à Paris; en faisan l rentrer le Luxembourg dans les mains de la na Lion, et en dcmaullanl 1.t moitié du produit de ces biens pour élrc partagés entre les infortunés de la capitale, qui ont concouru à la prise du château des Tuilerie,, et à ramener la victoire à la patrie. • C'est à tous les bons citoyens à in1iter les troupes de ligne de réclamer le droit de nommer leurs officiers, qui l'ient d'ôtre rcndt. à la gendarmerie nallonalc; imitation que je leur renou\'elle aujourd'hui. • C'est à la Commune parisienne à porter le flambeau dans l'adminislralion des subsistances, à pourvoir abondamment à celles de la capitale el à faire la guerre aux infâmes accapareurs.

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