Jean Jaurès - La Convention I

• 1 2 IIISTOII\E SOCIALISTE mai11lenanl les Girondin,;; cl en outre il élail assez naturel de penser que pui,, p1r l'impulsion de la Commune al'ail !ail la I\évolulion, celle impulsion de1ail ;:r propaf(er dans loul le pays. « La Cnm11,unc,dticlara-L-il au, Jacobi11s le soir du Dix Août, doit pre11dre comme mrsur,, i111porlanle,celle d'envoyer des commis~aires dans les quatre• ,ingl-lroi; ùéparlcmrnls pour leur e.,poser notre vraie situation; les fédérés doilent commencer en écrivant chacun dans leurs départements re,peclifs. " c·etail la mai11-mbe de la Commune de Paris sur toute la !'rance rél'olulionnaire. cl ,i ce plan avait pu se développer, r.·est sous lïnfluence de L, Commune de Paris, hostile aux Girondin, comme aux Feuillants, que se seraient fuite,; le,; élections ù la Convention nationale. C'eût été l'avènement immédiat d'un pui,sanl pa, li robespierrisle avec une aile gauche rnaratiste. Le premier soin de la Commune révolulion11aire fut de se compléter, rt·arpeler à elle quelques gr,1nds noms de la I\évolulion. I\obespierrc rul délégué au Conseil général de la Commune par la seclion de la pla<·e \~nrlôme; il y p1·it sé_ance1lès le 11. ~laral ne rut pas déléi:uo; mais il était en relations continue, ayec la Commune; il en fut, en ces journéPS ardentes, l'inspirateur et le journaliste. Lui, si sornlire d'habitude el si défiant, il éclate de joie el d'orgueil dans ses numéros du 15 el du J(J août, et il trace le pro,rammc d'action de la Commune en homme sûr d'être écoutti : • 0 , ous, s'écrie-1-il, dignes commissaires des sections de Paris, vrais représentants du peuple, gardez-mus des pièges que vous tendent ses infidèles député,;, gardez-mus de leurs séductions; c'est à Yotre civisme éclaire el cour.1geu1 que la capitale doit en partie le succès de ses hahitant,, et que la patrie devra son triomphe. Hestez en plar.e pour notre repo,, pour, otre gloire, pour le salul de l'empire. i'ie quittez le timon de l'autorité publique remis en vos mains qu·après que la Convention nalionale nous aura débarrassé, ùu despote et de sa race indigne; après qu'elle Uilra réformé l!'s vices monstrueu, de la Conslitulion, source éternelle d'anarchie el de dù,aslres; après qu'elle aura a,suré la liberté publique sur des bases inébranlables. » Et le lendemain 10 août : « Grâce soit rendue i1 l'cspril de délire du Conseil dc:s'l'uileric.s, à la h\cheté des gardes nalionau, conlre-ré,olutionnaires et de l'étal-major des Sui,se,, à l'ineptie cl à la platitude de Louis Capel, à la con,·er,ion des gendarme,, à la t,,rnérité du peuple, à la ,aleur des fédérés, el des gardes parbi,,ns ~ans• culotte,; la l'ictoire a couronné la cause de 13 justice; elle a allerré le despote cl-Se:, suppôts, consterné la majorité pourrie du Sénat, arrêté le cours de ses machinations audacieuses, donné de la consistance aux députés patriotes de la Co11,mune, affermi leur autorité, renversé celle du département, des tribunaux et des juges de paix prostitués à la Cour, anéanti l'état-major contrerévolutionnaire, épouvanté les ennemis de la !\évolution, rendu la libertli aux bons citoyens el donné au peuple le moyen de signaler son pouvoir en

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