HISTOIUE SOCIALISTE 823 tr11mt11at veugle contre la seconde?La nation est fatiguée; si vo11sn'y prenez gardt, elle est prite d retourner à ses anciennes habitudes. • tes esclaves ont plus de bon temps que les hommes libres; et les rois qui savent leur métier, s·arrangent de manière qu'on se croie plos heureux à J'ombre de la couronne que sous le bonnet de .la liberté. c·est à vous à rappeler ces premiers moments d'énergie dont le soovenlr seul fait pâlir la Cour.• Le Journal esgaie d'animer les nouveaux députés par les menaces les plus terribles et les prophéties les plus sombres: • Si après trois années ac gêne et d'appréhensions, de troubles el de misères, le peuple, qui vient de vous remettre en mains ses plos chers intérêts, apprenait que vous faites secrètement cause commune avec le château des Tuileries, s'il venait à s'apercevoir que vous n'èles aucunement en mesure pour déjouer les coalitions ministérielles el autres, et que vous n'avez servi qu'à donner le temps à nos ennemis d'ourdir tout à leur aise leurs trames sinistres, alors les voies de la Justice ordinaire seraient rejetées ou suspendues; un grand mouvement dont la liberté 11epeul plus se passer sera très incessamment imprimé à toute la France. Egalement, indignement trompé par tous les pouvoirs ensemble, auxquels il avait donné d'abord toute sa confiance, alors le peuple fera main basse sur lotts les pouvoirs à la fois, el laissera aux races futures une leçon déplomble mais nécessaire. Totttes ces armées ']Uis'avancent à pas lents et quitroublent en ce moment noire sommeil, ne causeront alors aucun effroi à plusieurs millions d'hommes comballant chacun pour sa liberlé individuelle. Un grand·spectacle se prépare pour ta fin de l'hiver qui approche. • Épuisée d'argent, de grains et de munitions, trahie par ses chefs, s'il faut que la nation le soit encore par ses mandataires, vous qui l'aurez trahie ou mal représentée, attendez-vous à être les premières victimes de son désespoir. « U11phénomène politique doit nécessairement éclater dans peu; patriotes du Corps législatif, tenez-vous prlts à une catastrophe bien autrement imporlanle que celle qui a fait de vos devanciers des hh·os d'un jour. Tout n~us annonce un événement tel que la Révoluti<mde 178 9 n'en aura été que le prélude; ménagez vos forces pour en soutenir le choc el concourir au dénouement de ce drame sublime mais terrible et qui plongera f Europe dans la stupeur. • Etranges et énigmatiques paroles oil l'on croirait voir, d'avance, comme en un sombre miroir magique, le 20 juin, le 10 ao0t, le procès ella mort du Roi, la chute des Girondins eux-mêmes, et la Terreur 1 • Comment le même journalisle, qui constate que la nation est fatiguée peut-il en même temps prédire ces prochains soulèvements révolutionnaires? IL d'où vient la précision singulière de ces prophéties? Evidemment quand il 1111oouce un grand spectacle pour la fin de l'hiver, c'est-à-dire pour le
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