HlS'fOlRE SOCIALISTE 1269 petit réfectoire; corps de garde sur la rue des Cordeliers. Assemblée générale dans l'église Saint-André-des-Arts. • Gravi/tiers. - Cette section occupe pour son comité militaire, une pièce au rez-de-chaussée, à droite, en entrant dans la seconde cour, plus une salle dite le chapitre pour ses assemblées gé11érales. » Ces détails suffisent à fixer, pour ainsi dire, les traits matériels, la vie des sections. Je renvoie pour le tout au si utile travail de M. Mellié sur les sections de Paris. Chacune de ces sections ainsi installée, outillée, souvent dans des locaux arrachés à l'Eglise par la grande expropriation révolutionnaire, représentait une grande force éveillée et active. Et dès juillet, sous la menace de l'invasion, i:ous la trahison du roi, les forces révolutionnaires de chaque section se rappro~hent, se rallient à un centre : la Maison commune. La municipalité légale, malgré le bon vouloir de Pélion, ne pouvait servir de lien à des forces d'insurrection; elle élait trop mêlée, trop discordante, et Pétion lui-même était timide et gêné . .Mais à côté de la municipalité légale, les délégués des sections réunis à la Maison commune constituent une sorte de municipalité extra-légale, destinée, à mesure que s'enflamment les événements, à subordonner et enfin à remplacer l"autre. Le 23 juillet, les commissaires nommés par les sections de Paris se réunissent pour délibérer sur une adresse à l'armée. En soi, celte réunion était légale; car chaque section avait, d"après la loi, seize commissaires et ces commissaires des sections pouvaient se réunir pour comparer et centraliser le résultat des délibérations prises par les différentes sections; mais si la réunion dans son mécanisme même était légal, son objet était rérolutionnaire, puisqu"il s'agissait de mettre !"armée en garde contre les perfidies du pouvoir exéculir. 32 sections sur 48 adhérèrent au projet d"adresse à l'armée voté par la section du .Marché des Innocents. Mais les sections décident une démarche bien plus importante. Les commissaires des sections réunis à la Maison commune constatent, par des procès-verbaux des 26, 28, 29 juillet, t", 2 el 3 aotlt, que toutes les sections de Paris ont adhéré au vœu de la section de Grenelle pour une adresse demandant la déchéance du roi, et cette adresse devait être portée à l'Assemblée législative, au nom de toutes les sections, par le maire Pélion. Ainsi le pouvoir légal lui-même était entrainé à des démarches, qui, conslilutionnelles dans la forme, étaient essentiellement révolutionnaires. Pendant que les sections de Paris s"entendaient pour une manifestation collective, le duc de Brunswick, commandant de l'armée prussienne, avait lancé de Cohlentz un manifeste insolent et menaçant qui exaspérait la France et perdait décidément le roi. Daté du 25 juillet, ce manifeste était connu à Paris le l or aotll, où un exemplaire en était remis au président de l'Assemblée. C'étail pour Louis XVI, c"était dans son intérêt que, selon le manifeste,
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