798 UISTOJllE SOCIALISTE la.ruine de la Constitution française? Esl-il vrai qu'on y ait arrMé c~tle déclaration devenue publique, par laquelle les princes s'engagent à maintenir le repos de l'Europe et à tourner leurs armes contre la Prance, si elle ne donne pas satisfaction aux prinécs allemands? Est-il vrai que le roi de Prusse, comme Électeur de Brandebourg, ail fail la même déclaration à la Diète de Ratisbonne? Est-il vrai que l'impératrice de Russie ail écrit celle lellre à !'Empereur, dans laquelle elle déclare qu'elle se croil obligée, par bien des considérations et pour le repos de l'Europe, à regarder comme sa propre cause la cause du roi des Français? Esl-il vrai qu'elle ail actuellement donné des sommes d·argent considérables aux chefs des rebelles, qu'elle leur ait envoyé, pour se concerter avec eux, un personnage distingué dans ses États? ... • Est-il vrai que tous les princes aient arrêté de tenir un congrès à Aixla-Chapelle pour modifier notre Constitution el rétablir la noblesse? Esl-il vrai que cel évident projel de congrès doive s'exécuter, malgré la déclaration faile par le roi qu'il accepte la Constitution? • illais, si lout cela est vrai, il y a une conjuration universelle des fOuvcrains de !"Europe contre la France de la Révolution, el la guerre va éclater. Nous sayons, nous, que cela n'est poinl vrai; que Brissot, dans ces interrogations menaçantes, supprime loules les nuances, ne lienl aucun compte des dHficullés sans nombre qui paralysaient les puissances, des réserves qui neutralisaient leurs déclarations. Nous savons déjà, notamment, qu'à Pilnilz l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse n'onl pris que des engagements incertains, subordonnés au concours des aulres pui,sances qui, comme l' Anglelerre, se dérobent. Mais enlin, si cela esl vrai, il n'y a plus en effel à hésiter. Il faul révéler à la France toute l'étendue. du péril el sonner dans tout ,le pays la guerre sain le pour la liberté. Mais voici que soudain Brissot nous découvre qu'au fond les puissances veulenl la paix, ou sont incapables de faire la guerre, el que loul cela n'est que fantasmagorie : · • Considérez, ~lessieurs, quelles puissances on veut vous faire redouter, el vous verrez si vous ne devez pas déployer Loule votre énergie, soil à leur égard, soil à l'égard des rebelles qu'elles,,favorisenl. « Le peuple anglais aime notre Révolution, si son gouvernement la hait, el pour juger des forces de ce gouvernement, il faul ouvrir le registre des intérêts qu'il paye, entendre les volonlail'es de Dublin, parcourir les désert, de l'Écosse et suivre le lord Cornwallis à Seringapataam. • C'csl à Tippou, vainqueur ou vaincu, que nous devons la modération du gouvernement anglais; il ne sera jamais à redouter tant qu'il aura à comballre ou à régir le vasle Hiudoustan. Non que Je veuille îci déprécier un peuple libre, avec lequel la nature des choses nous commaude les liaisons
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