Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

• 1100 IllS'l'OlllE SOCIALISTE nier; Laval, bijoutiel'; G uillaumont,sculpteur; )1atelas, serrurier; Lexcellent, garçon boulanger; Lochon, manouvrier; Dupuis, carreleur; Martain, garçon marchand de chevaux; Dupuis, 1·elieur; DenoiL, ,·elieur; )lorel, garçon maço11 ; Marceau, garçon teinturie,-; Rouget, compagnon orfèvre; Gagneux, garçon maçon; Rose, marchand quincaillier; Levasseur, co111pagnonmenuisier; Doucrier, terrassier; Rousseau, opticien; Blondel, marchand forain; Josse, compagnon de rivière; Kilcher, g,·aveur; Chauliac, porteur d'eau; llethoré; garçon marchand de vins; Guerlé, 16 ans, garço11pâtissier; Maillard, garçon limonadier; Mauchien, ga,•çon perruquie,·; Auger, ingénieur (eudiste». Je n'ai cité que quelques noms, au hasard du coup d'.;il tombant sur les pages. Comme on voit, le cahier • de ceux qui ne font pas partie de la garde nationale», et qui ne peuvent s'enrôler dans les mêmes compagnies et bataillons que les gardes nationaux, n'est pas exclusivement formé de • citoyens passil's ». C'e,t un mélange de prolétaires, de « garçons ou compagnons », qui, eux, étaient des citoyens passirs, et de modestes artisans qui n'avaient pu s·impuser ni les charges pécuniaires ui les pertes de lem1,s qu'entrainait le service dans la garde nationale. ~lais l'heure du pél'il les suscitait. Ainsi, en celle levée de la fin de 1701, les classes étaient assez mêlées, et bien souvent du registre où est inscrit l'enrôlé bourgeois an cahier où est inscrit • celui qui n'e,l pas de la garde nationale», les conditions sociales sonl identiques. Aussi bien du « cordonnier » ou du • perruquier • ou du • menuisier », c'est-à-dire du patron cordonnier, perruquier, menuisier, qui s'inscrivait au registre, au garçon cordonnier, perruquier, menuisier, qui ,;ï11scri\'ait au cahier, il n'y a,·ail probablement pas confltl de sentiments, mais, au contraire, cmulation rél'Olutionnaire. Les garçons devaient regarder av~c respect le patron, le cher artisan, qui quittait son atelier, ses affaires, ~a famille, pour alle1· nianic,· la baïo11nette et le fusil contre les émigrés et les rois, el les patrons ,!evaient avoir q11el4ue complaisance pour cette jeunesse hardie qui, d'instinct, allait à la gluire, à la liberté et au péril. Mais les prolétaires, les garçons, les compagnons n·étaient pas fàchés saos doute ùe dire aux bourgeois : « Sommes-nous pa-sifs maintenant, et que signifient vos privilèges dans la corn111unautédu courage et du danger?• Ou, s'ils ne le disaient pas, leurs regards le disaient, et dans ces cœurs vastes, à l'ardent patriotisme révolutionnaire une fierté prolétarienne se mêlait Or, pendant toute l'année 1702, les noms de tous ces volontaires, de Lous ces prolétaires, de tous ces « garçons,• de Lous ces « comp,1gnons » restaient inscrits sur les listes à la dispo;ition rie la liberté el de la pairie, et ainsi daos le prolétariat se continuait, se prolongeait l'orgueil -du sacrillce; il sentait en lui, malgré les restrictions légales, Ioule la grandeur de la pairie el

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