IIISTOIRE SOCI.-\.LIS'rE 10;;9 « f,.'h ! foutre, ma dit-il, ne sais-tu pas que la garce de ferme nom tient toujours le pied sur {fi gorge? Elle n'a été di'truite que pour la (,·ime. Les 1:iédacesde mallôti,·rs ont mis tous lru,· ti'te dans un bonnet, pou,- accaparer foute, tes marc/1m1t/ise, dans tes fabriques; ils ont accaparé tout le cuil' du roym1me, et ils le vendent mainlenant au prix qu'ils veulent. Dans quelques mo',, foutre, si on u·y prentl garde, les souliers Yauclronl une pistole li paire. Je ne mis point en oreille d'âne la réflexion du pontife. J''li depuis consulté d'a11tre.sdétaillallls et ils m'ont tous attestt' que les bougres de nlt!/IMiers se sont relldt1s maîtres de Ioules les branches du commerce et qu'ils s'cnten,laient comme larrons en foire avec lts ministres et les municipalités pour rançonner lé pauvrn peuple. • Quoi don<\ foutre, nous n'aurons rien gagné à la suppression des barrières! On nous aura chargé de nouvelles impositions et nous payerons tou·ours les mèmes droits sur les subsislances I Tonnerrn de Dieu ! ça ne -era pas. Parlout où on voit le mal il doit y a1oir un remMè. l\ot11eaux l,'.<;islateurs, c'est à vou; à le lrouver. E\lerminez les nouveaux abus, c·e,t là \'0lre devoir. Failes pendre jusqu'au derni<'r financier et tous les bougres de marchands rie chair humaine qui spéculent ;ur la substance des citoyens et qui ~•engrais,mt du sang des malheureux; faites I enir la seclion des Lombards : c'est elle qui vous découvrira le pot-aux-roses. « Yous apprendrez, foutre, quïl existe un infâme complot pour nous rétluire cet hi\'er à la dernière exlrémité. " Ainsi s'élevait le ton des prote,la,ioos populaires. C'est déjà le régime de la Terreur qui s'annonce, appliqué aux choses économiquas. L1 Révolution ne songe pas ù toucher à la propriété indivitluelle, à substituer le communisme aux échanges et à la concurrence mercantile; elle n'a donc d'autre r,•s,ource pour contenir les spéc11lalio11sde la bourgeoisie .que de frapper les marchands d'épouYante; c·e,t de la pendaison que le père Duchesne les menace; ce sera bientôt de l'échafaud. Ainsi commencent ù a~parallre les raisons économiques de la Terreur. Mais ce n'est pas encore à l'insurrection, ce n'est pas à une Rèrnlulion nouvelle que le père Duchesne appelle le peuple. li déplore que la Constitution ail été manquée, qu'elle ne soit pas in,pirée d'un grand esprit démocratique et populaire, mais il se résigne pro, isoirement (n• 81): « Si on n'avait µas élouffé la voix du peuple de Paris, nous n'aurions pas eu une Constitution à la diable, 1111 vt'rilable habit d',Jr/equin où on voit des mo,·ceau.x ma911ifiques cousus avec des g11milles. Cr/Je Coustitulion serait Ioule prise dans les Droits de /'!to11w,e et elle aurait été un jour la loi de l'Univers; mai, ce qui est (ail esl fait, el parce qu·on a un cheval borgne, pour cela il ne faut pas le tuer. " Le père Duchasue s·accommodail ainsi au mouvement, tantôt précipité,
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