10/40 HISTOIRE SOCIALISTE • 2° Dans les lellres de change ou e!Tel, au porteur émis par les banquiers; « 3° Dans les billels de Caisses, éparses dans les diliérenLes villes qui ont imilé Paris. • Qu·est il arrivé, ~e~sieurs, de celle concenlralion? o·une part, une coalilio11naturelle entre les banquiers el les trois Caisses dont Je viens cle parler; et de l'autre, une augmenlalion indéfinie du numéraire fictif. « J"observe que Je ronds de caulionnement à rournir par la Caisse patriotique de Paris loin d'avoir été fait en assignats ou en numéraires ne le fut qu'en e!Tetsnalionaul ou e!Tetsde la Compagnie des Indes el autres: premier branle donné par elle à l'agiotage. C'esl une vérité ... sur laquelle fappelle le lémoh;nage de la municipalité de Paris, dépositaire de ce cautionnement. • Là a commencé le change des assignats conlre les billets de conOance. Les assignats de 50 livres et de iOOlivres gagnèrent 2 à 3 0/0 contre ceux de 500 cl 2.000 livres. La Caisse patriolique convertit à ce Laux de profit ceux de 50 et de 100 livres qu'elle recevait contre ceux deSOOel 2.000 livres; et ceux-ci, elle les employa à escompter des lettres de change à troio signatures ou à prêter sur les effets nationaux ou de Compagnies parliculières el sur les espèces d'or et d"argent. Elle arriva par ce moyen au niveau de la Caisse d'escompte. Les voilà donc lancées toutes deux égalemenl dans les banques el en affaires sélieuses el communes avec lous les banquiers. • Ainsi la monnaie de la Ré\"olulion qui, par le gage de l'assignat, avait la solidité de la terre, devient mainlenanl, par le billet de conOance, une monnaie fluctuante, livrée à Lous les courants de la spéculation. Brusquement s'élève un cri de détresse el de naufrage. Le bruit se répand dans PJris, à la fin de mars, que la Caisse de secours a dévoré ou compromis son actif, qu'elle n'est pas en élal de rembourser les billels de conOance émis par elle. Le peuple, 1 orteur de ces billels de confiance et alarmé soudain sur leur solidité, va en masse aux guichets el demande le remboursement. Un administrateur s'évade : la panique s'accroit : les 7 millions de billets de la Caisse de secours qui circulaient dans Paris sont menacés d'un discréail complet: le peuple esl dans un étal d'animation violent contre les spéculateurs, les agioteurs, les banquiers, el un soulèvement est imminent. Le maire de Paris saisit du péril le Gouvernement et l'Assemblée. Lafon-Labedal, le 30 mars, fait un rapport d'urgence. • Sans les précautions prises par la municipalil6, clil-il, les plus grands désordres auraient pu agiter Paris. Nous ne connaissons pas encore avec exactitude la situa lion de celle Caisse. Le sieur Guillaume, principal administrateur, prétend qu'il n'a été mis en émission que pour une somme de 7 millions de billets, el que déjà 4 millions sont rentrés. li prétend aussi que la Caisse a un actif considérable el de fortes créances à retirer d'une maison dé
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