93\ HIS'l'OIRE SOCIALISTE el, tout ce qui nous étonne, c'est qu'il n'ail pas cité la devise célèbre: la Constitution, tolite la Constitution, rien que la Constitution. » Puis, Brissot rappelle avec ironie les allaques de l'empereur contre les s)ciétés populaires: • li ne dissimule pas que s'il conserve une armée en état d'observation passive, c'est pour empêcher celle terrible puissance des Jacobins de renverser la mona,·chie libre de la France, pour laquelle il se sent un si tendre intérêt, lei est encore le but du concert qu'il a formé avec diverses puissances: ce n'est pas trop d'une pareille ligue contre celle secte formidable. On pense bien que ces terreurs et ces menaces ont été accueillies des plus vifs éclats de rire: les ministériels semblaient rougir eux-mêmes de ces déclamations. On eO.tbien voulu quelques tirades contre les Républicains et les Jacobins; mais en faire une puissance I c'était couvrir de boue et les souffleurs et l'écolier. » « Une note de rambassadeur de Prusse, qui déclare que son mallre adhère aux conclusions de l'empereur et qu'il est obligé de s'opposer à toute espèce d'invasion sur le territoire de l'Empire, et un message du roi ont terminé celte comédie diplomatique. • « Le roi déclare à l'empereur qu'il croil au-dessous de la dignilé et de l'indépendance d"une grande nation, de discuter ces divers articles qui concernent la silualion intérieure du royaume; qu'il aurait désiré une réponse plus catégorique et plus précise, relati1·ement à ce concert formé entre les puissances, et que ce concert n'a aucun objet, qu'il en demande la .cessation pour mettre fin à des inquiétudes où la nation ne veut ni ne peut rester. II olfre de désarmer si l'empereur retire une partie de ses troupes. » " La simplicité et la clarté de cette ,·éponsequi contrastait d'une manière frappante avec l'entortillage gemianique des dépêches du cabinet de Vienne ont obtenu les applaudissements de l'Assemblée ... Louis XIV, quoiqu'il ne fùt pas ,·oi d'une nation libre aurait été moins patient; mais, une nation libre aime à épuiser les bons procédés. • « Qu~lle que soit l'issue de celte réponse, les amis du peuple doivent se féliciter de cette journée. • Elle a marqué /'ascendant de cette nation livrée à l'anarcltie populaire. L'empereur a obéi au vœu national en écrivant avant /"époque qui lui a été fixée. • " Il a été forcé de se justifier devant un peuple qu'on foulait aux µicds. » • Il a révélé le grand secret de /"intrigue qui unit les deux cabinets de Vienne et des Tuileries; le même esprit les dirige, le pauvre esprit de quelques intrigants, qui, pour se venger des hommes et des sociétés qui les ont démasqués, empruntent des plumes royales el minùtéritlles, assez faibles pour se prêter à leurs plates manamvres. •
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