. HISTOIRE SOCIALISTE 919 « Que /'empereur doue sente une fois ses propres injiwes ; qu'il se monlre à la tête des autres puissances arnc une force, mais une force impo• sanie, ct.ie vous assure que tout tremblera ici. li n'y a plus à s'inquiéter pour notre sûreté, c'est ce pays-ci qui provoque à la guerre; c'est l'Assemblée qui Ja ,eut. • « La marche constitutionnelle que le roi a prise le met à l'abri d'un côté, el de l'autre son existence cl celle de son fils sont si nécessaires à tous les scélérats gui nous entourent, que cela fait notre sûreté; et je le dis, il n'y a rien -de pis que de rester comme nous sommes, et il n'y a plus aucun secours à attendre du temps ni de l'intérieur. « Le premier momen L sera difficile à passer ici, mais il faudra une grande prudence el circonspection. Je pense comme vous qu'il faudrait des gens habiles et silrs. mais où les trouver? • Que de ténèbres descendent à cette heure sur la terre de France! Pendant que la Révolution s'énerve et pendant que les Girondins lui persuadent que l'empereur qui cherche à éluder le combat, est l'ennemi qu'il faut abattre, voilà la reine qui prend pour de la peur les inévitables délais que se ménagent les Girondins pour entrainer Je pa1•s à !"idée de la guerre. Surmenée d'incer• titudes, la reine se précipite aussi comme les Girondins sur le chemin où elle doit périr, el où ils périront. La voilà maintenant qui provoque son frère hésilanl à envahir la France. Elle promet de trahir autant que le lui permellront les médiocres instruments dont elle dispose. El tout cela parce que la royauté ne s'c,l pas résignée utte minute sincèrement à accepter uno Constitution qui modernisait, renouvelait peut-Oire pour des siècles, la force de la royauté! 0 aveuglemenl ! petitesse des égoïsmes! tyrannie des habitudes! étourderie des ambitions! Que la force décide et que la foudre prononce, puisque dans celle obscurité universelle la seule lumière possible est celle de l'éclair, éclair de la guenc ! éclair de la morl ! el que le destin de chacun s'accompfüsc. Fersen, qui élail à Druxelle s, note dans son journal, à la date du 9 février, le pas1lage de Simolin: • Simolin arrivé à onze heures sans aucun obstacle; diné a,ec lui chez le baron de Breteuil. Il va à Yienne de la part de la reine. instruire l'empereur de leur position, de l'état de la France el de leur désir posi• tif dïHre secourus. Il les a vus secrètement; la reine lui a dit: « Dites à l'empereur que la nation a trop besoin du roi et de son fils pow· qu'ils aient r1e11 à craind1·e,c'est eux qu'il est intéi-essant de sauver: quant à moi, je ne crains ,·ien, et j'aime mieux courir tous les dangers possibles que de vivre plus longtemps dans l'état d'avilissement et de malheur oùje suis. • Simolin a été touché aux larmes de sa conversation. li m'a parlé de le lires charmantes de la reine à l'empereur, à l'impératrice el au prince de Kaunitz. 1,1. de Mercy, qu'il a vu, lui a tenu le m~me langage que de coutume. Simo· lin lui a reproché la conduite que l'empereur avail tenue, si diliérente de celle
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==