lllSTOinE SOCIALISTE 017 par de nout·eaux dangers évidents, et qu'on ne ,·isera enfin dans aucun cas à un renver,eme11t de la Conslil11lion, mai~ se bornera à en fa\Oriser l'amendement d'après les principes ci-dessus et par des voies douces cl co nciliantrs. • Ainsi, à la fin de janvier encore, l'empereur d'Autriche désirait la paix el s'obstinait à l'espérer. JI est vrai que le plan de Conslitulion semi-aristocratique qu'il prévoit est absolument cliimérique et rétrograde. Mais, comme il ne veut point intervenir pour l'imposer, quïmporle à la France? qu'importe à la Révolution? Il est vrai encore qu'il annonce qu'il interviendra si la • sûrelé • de Louis XVI et de Marie-A11toinelle e~t évidemment en péril. Mais il lui étail naimenl malaisé de tenir à sa sœur un autre langage. Et non seulement il ne veut Joint de la guerre mais, selon les vues des constitutionnels, il te nte de persuader au roi et à la reine de France que la guerre les perdrait. Mais qu'est-ce à dire? Est-cc que nous admellons un instant que la Révolution devait tolérer une intervention quelconque, m~me pacifique, m0me conciliante, de l'étranger dans ses affaires intérieures? Non, non; qu'il n·y ail pas de malentendus: le premier del'oir de la llél'olution, la condition du s alut el de la vie même, c'élail d'affirmer qu'elle voulait se développer libreme nt, érnluer à son gré, et que ni menace ni con,eil ne la détourneraient de sa l'oie. Mais la Gironde jetail la Révolution sur l'étranger, sur l'empereur, au moment m~me où celÙi-ci se refu,ail précisémenl à loutc intervenlion. Qu'est-ce à dire encore? Prétendons-nous que par plus de sagesse, la guerre aurait été certainement é1ilée? Non, non; il ne peut y avoir ici u?.e cerlilude. Peul-Nre, malgré toul, le choc de la démocratie révolutionnaire et de l'Europe absolutiste et féodale se scrail produit. Il est probaiJle môme que le jour où la Rél'olution, rompant avec l'équivoque, et châtiant la trahis on, le mensonge el le parjure, aur_ail porté la main sur la royaulé et le roi, l'étranger se serail ému. Ce ne sont pas les menaces de Léopold ou ses outrages au parli républicain qui devaicnl arrêter la Révolulion dans sa marche logique et né cessaire vers la République. Mais cc que je dis, c'est que la Gironde, au moment où elle a déclaré la guerre, ne pouvait pas croire el ne croyait pas en elfet que la guerre COL inévitaôle, c'est qu'elle a tout fait pour la déchainer. C'est qu'elle a oublié que si la France avait allcndu le choc de l'Europe et si clic a 1ail commencé par se débarrasser au dedans de la lr,1hison royale avant de p ro- ,·oqucr l'élranger, elle aurait élè beaucoup mieu~ armée pour soutenir la 1ullc. Ce que je dis, c'csl que comJJICr sur la guerre pour fanatiser la Rtholulion, c'élail compter sur l'alcool pour surexciter les forces el les courag es. Oui, la Gironde a cru que la Révolution défaillait a demi, qu'elle ne saurait pas sans ce stimulant factice, dompter la conlre-révolulioo, abattre la royauté, et elle lui a fail avaler presque lrallreusement l'alcool de la guerre, un
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