882 HISTOIRE SOCIALISTE Ainsi, Brissot ne relourne pas en arrière. Il ne déclare pas qu'effrayé par l'intrigue de modérantisme, qui pourrait maintenant fausser la guerre, il renonce à conseiJler celle-ci. li proteste au contraire que les « patriotes », les démocrates continuent il la désirer. A partir de ce jour, la Giroode joue à l'égard de Narbonne un jeu très compliqué. Elle le ménage, parce qu'en disposant le gouvernement àla guerre il. sert i11conscicmmei;t la Révolution ou du moins la politique girondine. Mais en même temps, elle s'applique à êntralner la guerre hors des voies que Narbonne et le roi ont tracées. li s'agit d'abord de redoubler de violence contre les émigrés el contre le, princes, pour aggraver la tulle de la Révolution et de la cour. JI s'agit ensuite d'étendre à l'empereur le conflit que le roi voudrait limiter aux petits princes du Rhin. Dès le 29 décembre, Brissot recommence la bataille. A propos du vole des 20 millions demandés par Je ministre de la guerre, il expose à nouveau dans un très -long discours toute la politique extérieure el intérieure. li répète sur les dispositions de l'Europe ce qu'il avait dit le 20 octobre. Une agression de la plupart des souverains n'est pas à craindre. D'ailleurs, les peuples sont amis de la France révolutionnaire. • Il ne faut pas se borner à examiner maintenant les petites passions, les petits calculs et des rois et de leurs ministres. • La Révolution française a bouleversé toute la diplomatie. Quoique les na'tions ne soient pas encore libres, toutes pèsent maintenant dans la balance polilique; les rois sont forcés de compter leurs vœux pour quelque chose .... Le sentiment de la nation anglaise sur la Révolu lion n'est plus douteux; elle J'aime... En Hongrie, le serf lutte contre l'aristocratie, et l'aristocratie contre le trône... Nous ne sommes pas celte poignée de bourgeois bataves, gui voulaient conquérir la liberté stir le stathouder, sans partager avec la classe indigente ... « En vain les cabinets politiques multiplieronlles négociations secr.ètes; en vain ils s'agiteront, ils agiteront toute l'Europe pour allaquer la France, tous leurs elîorts échoueront, parce qu'en définitive il faut de l'or pour payer les soldats, des soldats pour combattre el un grand concert pour avoir beaucoup de soldats. Or, les peuples ne sont plus disposés à se laisser épuiser pour une guerre de rois, de nobles el surtout pour une guerre immorale, impie. • Ainsi, Brissot croit que la guerre aura nécessairement un caractère démocratique el populaire. El il semble penser que déjà les souverains de l'Europe sont lelJement menacés ou paralysés par Jeurs peuples qu'une Révolution européenne sera la conséquence presque immédiate d'une guerre sans péril. Déjà, dans son journal le 15 décembre, avec plus de netteté qu'il n'ose Je faire à la tribune, c'est sous la forme d'une propagande révolutionnaire armée qu'il entrevoit la guerre. « La guerre! la guerre I écrit-il, tel P.Sl le
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