860 HISTOlllE SOCIALISTE point impossibles, nous n'exigerons jâmais du ci-devant souverain un amour impossible de la souveraineté nationale, el nous ne trouvons point mauvais qu'il oppose son veto précisément aux meilleurs décrets. » Il accusa le directoire de Paris d'avoir violé la loi sur les pétilions collectives. li s'écria, comme pour associer la Législative à un plan de Rèvolulion : " Continuez, fidèles mandataires, et si on s'obstine à ne pas vous permctlre de sauver la nation, eh bien, la nation se sauvera elle-m~mc, comme elle a di'jà fait (Applaudissements;, cai· enfin la puissance du veto royal atm terme ET ON ~-EMPtCHE POINT AVEC UN VETO u PRISE DE LA Il ASTILLE•• ( Applaudissements.) C'était comme une annonce du 20 juin el du 10 aot1I. Desmoulins termina par ces mots : « Ne doutez plus de toute la puissance d'un peuple libre, m?is-si la tête sommeille, comment le br'as agira-t-il? Ne levez plus ce bras, ne levez plus la massue nationale pour écraser des insectes ... Ce sont les chefs qu'il faut poursuivre. Frappez à la tète; servez-vo:.is de la foudre contre les princes conspirateurs, de la verge contre un directoire insolent, et exorcisez le démon du fanatisme par le jet'lne. • Desmoulins fut acclamé par la gauche, el il y a loin du ton agressif de ce discours à la longue élégie du 21 octobre. Visiblement, l'énergie révolutionnaire que les démocrates avaientcru un moment aballue se réveillait. El ilsemble que dès lors Je devoir des révolutionnaires était clair: provoquer contre le veto el contre le modérantisme une agitation populaire, insister pour l'application des décrets contre les prôlres factieux, faire sentir aux ministres qu'ils seraient responsables, sur leur tête, de Loule politique de défaillance, de ruse ou de trahison, el si la royauté s'obstinait ou trichait, concenlrer sur elle J'etrorl el emperler enfin la monarchie comme on avait emporté la Bastille; pendant ce temps, armer le peuple aussi bien contre les ennemis du dedans que contre tous les périls possibles du dehors, mais se bien garder de déplacer l'action révolutionnaire en la portant au dehors, s'abstenir de toute provocation inutile qui déchainer-ail la guerre. Etait-il donc impossible de porter plus haut l'animation révolutionnaire du peuple et d'aller à la République sans passer par les chemins de la guerre et par les dangereux détours imaginés par la Gironde? Mais déjà le discours de Brissot du 21 octobre avait porté. Déjà une fièvre belliqueuse commençait à agiter le peuple imprudent, qui ne po uva il, à travers la fumée des batailles dont les cerveaux déjà s'enveloppaient, entrevoir les abimes prochains de servilude militaire. Et, dans les discours des sections qui, en décembre se succédaient à la barre de l'Assemblée, les cris de guerre retentissaient. Comment avait grandi ce mouvement? C'est le 22 novembre, qu'en exécution de la motion de Brissot et de Vergniaud, votée le 8, Je Comité diplo-
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