Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

i'I IIIS'l'0111E SOCIALISTE est encore mêlée à la vie agricole. Voici le tableau que Roland de la Platière trace de l'industrie en Picardie cl il élail vrai, en ses principaux trait,. de la plupart des provinces : • En Picardie, on pro duil des étoffes de laine, des velours, des toiles, des bonneteries. Des vini; l cinq mille métiers hallanl dans le déparlemenl, il n'en esl guère que six mille cinq cenls dans l'enceinle des villes; celle d'Amiens en renferme env iron cinq mille; celle rl'.\bheville, mille. Une partie des méliers des villes el p resque tous ceux de la campagne sonl mis bas dans le Lemps de la moisson; la coupe des foins, celle des ltois, les semailles el anlres lravaux ruraux les fo nl aussi chômer he,,ucoup dans les villages : el loul compris, on peul les c onsidérer comme ne travaillant guère que huit mois de l'année. C'est, sans do ule, pour le dire en passant, de toutes les manufaclures la plus heureusement el la plus fructueusement établie, que celle qui laisse les bras qui s'en o ccupenl à l'agriculture lorsqu·c11e l'exige. Cel accord, outre la santé qui en résulte, double l'aisance par les secours muluels el réciproques que se prèlen l l'une el l'autre. La population esl Loujours grande où il y a à vil re el il y a tou jours à vivre où il y a à gagner. En général on peul compter depuis !"étal de la malière au sortir des mains du cultivaleur jusqu'au momenl d'user d'une étoffe dix personnes-occupées par mMier. » « De ce nombre nous supposons deux ouvriers faits, deux femmes ou filles faites, uniquement occupés de cel objet; les aulres sont des enfants, des vieillards ou des femmes tellement distraites par les soins du ménage que leur travail 11~ peul élre considéré que comme celui des enfants; il en esl beaucoup dans ce dernier cas. Dans les villes, le Lau~ commun des journées d'hommes esl de vingt sols; celui des femmes de dix, el cel ui des enfants de cinq. Dans les campagnes, ce taux esl dans le premier cas de 17 à 18 sols; dans le second, de huil à neuf el dans le troisième, de t!·ois, qualre à cinq: el nous estimons que les deux cent cinquante mille personnes employées aux fabriques dans le département el qui, de ce travail, en fonl vivre deux cent cinquante mille aulrcs ou leur donnent !"aisance, chacune g agne par an : Les cinquante mille ouvrirrsà 11,0 l. . 7.000.000 livres. Les cinquante mille ouvrières . . . . 3.500.000 Le:;cenl mille cnfanls ................ 6.000.000 » Tola! de la main d"œuvre.............. 16.:,00.000 Profit des entrepreneurs el marchands ....... 2.500.000 » » • Nous n'avons pas a discuter ici les conceplions économiqu es et industrielles de lloland. 1'anl bien que mal il essaie de concilier sa passion pour Jean-Jacques, prêchant le retour à la nature, el sa passion pour le développement de l'industrie. li parle Yolonticrs, quand il se mel à philosopher, de l'indus trie • féconde el perverse •• et on re.trouve aisément le mGme é tat d'esprit chez

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