70 li lSTOiflE SOCIALISTE brusque qu'elle aboutit au déboisement rie ré~ions entières dé vor~es par les u-ines à feu. C'est comme une magnillque flambée de puisrnnce liourge oise qui, à travers la vieille forêt féodale, éclaire el projette au loin ses re flets de pourpre. Fournaise de richesse el de travail : fournaise aussi de Révolution. Il y avait un progrès incrssaul du mécanisme de la tech nique industrielle. Dès le milieu du siècle les théoriciens comme les praticiens de l'induslrie lui attribuaient pour but de sulisliluer le plus possib le la machine à la main d'œu,re. Dans son grand ouvrage, Savary des Brulons é crit:• L'économie du travail des hommes comiste à Ir suppléer par celui des machines el des animaux : c'est mulliplier la population, hien loin de la rliminuer. • J:::til ajoute avec ce grand souci de conquérir le niarché exté rieur qui animait la vaillante et conOanle bourgeoisie rlu xv111•siècle : « Si le commerce extérieur, c'est-à-dire la na1•igalio11, les colonies et les beso ins des autres peuples peuvent occuper encore plus de citoyens qu'il ne s'en trou l'e, il est nécessaire d'économiser leur travail pour remplir de soi-même tous ces objets. • n,,1 optimisme! Ni Savary ries Brulons, ni ses contemporains, n e pa rai•sent entrevoir les crises lerrihles de chô111a,;e que dans la société capitafülc : lus développée déchainera souvent le machinisme. Il n 'avait pas entore as:'ez de puissance pour èlre aussi redout,,ble parfois q ue bienf'aisanl. La population 1lressée au lr·avail industriel n'était pas encore surabondante, el d'ailleurs la France se r6pandant sur•te monde de Smyrn e à Saint-Domingue el de l'Inde au Canada, s'imaginait que les déboucMs iraient sans ce>se pour elle s·agranMssant. Les mains devaient manquer au travail et non le travail aux mains. El le siècle s'intéressait passionnément aux in l'entions mécaniques : le génie de Vaucanson est une partie nécessaire de l'EncyclopMie du Xl'lll' siècle. Mais il faut se gardrr de croire qu'à la veille de la Révolution un machini>me puis,anl fut déjà réalisé. li y av ait elTort unil'er,el, tàlonneme11t, e.poir ; il y al'ail encore peu de résultats. Mtime en Angleterre le i;rand machinisme naissait à peine. C'est seule ment en t774 que Jay, plagié par Arkwrighl invente le métier à filer mécanique, la spinningjenny. Son invention, il esl l'rai, se répand vile en Angleterre : mais elle ne pouvait produire qu'une sorte de déséquilibre industriel si elle n'eOt été complétée par le métier à tisser mécanique. A quoi bon filer très rapidem~nl les !lis de colon, si 011 ne pou l'ail les tisser ensuite que sur le ry thme lent des a11ciens nrélicr,? Or, c·e~t sculemc11l en 1785 que le révérend Cartwright invente la machine à tisser le coton, el ce sera seulement eu 18 06 qu'u11e première fabrique s'élèvera à ~tanchestcr où les métiers à tisser seront mus à la vapeur. ~ais ces machines anglaises étaient encore, avant la Révolu tion, peu connues el peu employées en France. Il semble que c'est e n 1773 que la machine à Oter le coton, la spioni11g-je11nymodèle Jay, est introduite po ur
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